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Orchestre National de Lille et Dimitri Kitaenko : Charge à la russe

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 06-V-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°39 en mi bémol majeur K. 543. Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°5 en mi mineur op. 64. Orchestre National de Lille, direction : Dimitri Kitaenko.

Pour cet avant dernier concert dominical de sa saison d’abonnement au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, l’Orchestre National de Belgique recevait, comme chaque année, son proche voisin lillois. Pour cette résidence annuelle, l’ONL se présentait sous la baguette du charismatique Dmitri Kitaenko dont nous avions particulièrement apprécié l’intégrale des symphonies de Chostakovitch. Le programme, assez conventionnel, assurait une belle affluence en ce dimanche après-midi.

À observer les cordes fournies qui s’installent sur scène, on sent que la Symphonie n°39 de Mozart sera plus dans l’esthétique traditionnelle que dans l’optique « baroque ». Dès les premières notes, cette impression est confirmée par des tempi assez larges qui permettent au chef de laisser la musique s’écouler. L’orchestre fait bonne mesure avec des musiciens souples et attentifs, mais on s’ennuie quelque peu dans cette interprétation très musicale mais qui manque un peu de flamme.

Après cet apéritif, les musiciens et le chef se lancent à l’assaut de la Symphonie n°5 de Tchaïkovski. Favorisant encore des tempi assez amples, le chef peine un peu à unifier les différents thèmes du premier mouvement, alors que l’orchestre, lui aussi, met du temps à trouver ses marques acoustiques. Dès le second mouvement, la machine est en marche ! Kitaenko et ses troupes commencent à tout arracher sur leur passage. L’Adagio, porté par un cor solo absolument magistral, des soli de vents magiques et des cordes incandescentes se fait véritable rouleau compresseur. On poursuit avec un Allegro moderato allant et dansant à souhait. Le final, plutôt lent et bien construit, progresse avec soin, alors que les musiciens se lâchent avec parfois un peu trop d’enthousiasme, à l’image des trompettes un peu trop généreuses.

Un grand succès public récompense les troupes lilloises et leur chef. L’orchestre de Lille confirme son très haut niveau avec un pupitre de cor particulièrement exceptionnel. On espère que Kitaenko, fortement acclamé par les musiciens sera à nouveau invité par l’orchestre français ou, rêvons un peu, par une phalange belge…

Crédit photographique : © DR

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