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Embrasement wagnérien !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lyon. Auditorium. 12-V-2007. Richard Wagner (1813 – 1883) : Prélude & mort d’Isolde (extrait de Tristan und Isolde) ; Wesendonck-Lieder ; Der Ring des Nibelungen, extraits symphoniques. Deborah Polaski, soprano. Orchestre National de Lyon, direction : Jun Märkl.

Au lendemain du concert gratuit donné à l’occasion de la présentation de saison 07/08, l’ revenait à l’Auditorium rendre un puissant hommage à Wagner, avec un programme riche et tonitruant.

Finesse, application, parfaite maîtrise des dynamiques et de l’équilibre sonore, pianissimi d’une rare subtilité… a su tirer le maximum de son orchestre dans le Prélude de Tristan. Par la grâce de ses gestes précis, ondulants, il est parvenu à hypnotiser autant les musiciens que les spectateurs.

Entre le Prélude et La mort d’Isolde étaient judicieusement glissés les cinq Wesendonck-Lieder, comme s’il s’agissait d’une seule et même œuvre. a beau avoir une très grande réputation, s’étant distinguée dans tous les grands rôles dramatiques des opéras de Wagner et de Strauss sur les scènes internationales les plus prestigieuses, la chanteuse américaine n’était pas brillantissime ce soir : attaques maladroites, problèmes de justesse dans les notes aigües, et une voix un peu frêle trop souvent submergée par l’orchestre, notamment dans La mort d’Isolde. Mais bien sûr, pour Tristan les musiciens auraient dû être dans la fosse…

Après l’amour, la guerre. La seconde partie du concert donnait à entendre un Wagner bien plus viril, avec des extraits parmi les plus explosifs des quatre volets du Ring, cousus de manière souple et intelligente, malgré qu’ils soient arrachés de leur contexte. Débutant par le très « schopenhaurien » prélude de l’Or du Rhin, pris sur un tempo assez allant par le chef allemand, l’orchestre amassait l’énergie nécessaire pour mieux l’évacuer dans l’entraînante Chevauchée des Walkyries et le virulent Combat de Siegfried avec le dragon. Le concert se terminait dans l’apothéose avec plusieurs passages du Crépuscule des Dieux, après une véritable démonstration de force par un Orchestre National de Lyon à tous égards époustouflant. Les cuivres ont lâché de rares maladresses et noyé par moments le reste de l’orchestre avec la complicité des percussionnistes… mais faut-il en vouloir au chef ou au compositeur ?!

Crédit photographique : DR

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