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Mahler par David Zinman, le temps du renouveau ?

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 en ré majeur « Titan » ; Symphonie n°2 en ut mineur « Résurrection ». Julianne Banse, soprano ; Anna Larsson, contralto. Schweitzer Kammerchor (chef de chœur : Fritz Näf). Orchestre de la Tonhalle de Zurich, direction : David Zinman. 3 SACD RCA 82876 87156 2 & 82876 87157 2. Notice trilingue (allemand, anglais et français). Enregistré février 2006 dans la Tonhalle de Zurich. Durée : 61’43’’& 81’46’’. Code barre : 8-28768-71562-8 & 8 28768 71572 7

 

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En terme d’interprétation des symphonies de , on pensait avoir fait le tour de la question. Les différentes intégrales qui ne cessent de s’additionner depuis les années 1970, opposent des sanguins (Solti, Neumann) aux analytiques (Inbal et Boulez) en passant par les tempétueux (Kubelik en concert ou Bernstein), les esthètes (Haitink, Abbado, De Waart) ou les VRP de luxe au pupitre de machines symphoniques de prestige en parade (Tilson-Thomas, Levine). Bien évidemment, il est toujours réducteur de catégoriser de la sorte des interprétations musicales, mais arrivé au stade de développements musicaux actuels, personne ne s’attendait à un nouveau choc après celui procuré par les deux premiers jalons de l’intégrale des symphonies sous la direction de Daniel Barenboim.

Pourtant, le chef d’orchestre est un habitué des relectures radicales qui marquent leur époque : ses symphonies de Beethoven et surtout de Schumann pour le label Arte Nova ont glané de nombreux prix internationaux et figurent en tête des grandes références dans des œuvres pourtant rebattues et immortalisées par les plus grands génies de la baguette. À la tête d’un Orchestre de la aux sonorités boisées, aux dynamiques imposantes et à l’écoute mutuelle absolument idéale, le chef américain frappe un très grand coup. Son Mahler réussit à allier la précision et la clarté polyphonique d’Inbal et Boulez avec un sens innée de la progression de ces grandes épopées symphoniques. Tel un peintre pointilliste, le chef colore son interprétation de pointes de couleurs et de nuances, le tout composant une toile irrémédiablement logique autant sur la forme générale que dans les multiples détails.

La Symphonie n°1 est magnifique par les coloris et la musicalité qu’elle dégage, tout progresse et respire avec tact et style. L’ensemble est magnifié par des musiciens en état de grâce : du déhanchement chaloupé des vents au galbe des cordes. Le travail sur certains détails, entre autres les parties de timbales, apporte un éclairage nouveau sur la science et la modernité des orchestrations du compositeur. Donné en complément après le Stürmisch bewegt final, le bref Blumine connaît ici son interprétation fruitée et limpide la plus convaincante au disque.

La Symphonie n°2 poursuit sur ces cimes avec un premier mouvement remarquablement construit, mais le clou de ce disque est atteint avec l’Allegro et l’Andante où la capacité d’écoute des solistes et de dialogue entre les pupitres fait mouche. L’Urlicht nous met aux prises avec l’imposant vibrato et le timbre guère séduisant de la contralto , mais l’enthousiasme revient avec un final charpenté et puissant. On a connu, de cette œuvre, des interprétations plus enlevées (Bernstein ou Metha par exemple), mais le chef transcende dans un même effort sens du rythme, soin des détails et clarté des lignes. C’est, dans cette optique, bien plus réussi que Boulez (très décevant, tout compte fait), Inbal ou Gielen.

Servis par une prise de son ample et soyeuse, ces deux disques marquent indiscutablement l’histoire de l’interprétation mahlérienne. Etalée jusqu’en 2010, cette intégrale qui associera la Symphonie n°10 et Das Lied von der Erde risque bien de marquer les années 2000.

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 en ré majeur « Titan » ; Symphonie n°2 en ut mineur « Résurrection ». Julianne Banse, soprano ; Anna Larsson, contralto. Schweitzer Kammerchor (chef de chœur : Fritz Näf). Orchestre de la Tonhalle de Zurich, direction : David Zinman. 3 SACD RCA 82876 87156 2 & 82876 87157 2. Notice trilingue (allemand, anglais et français). Enregistré février 2006 dans la Tonhalle de Zurich. Durée : 61’43’’& 81’46’’. Code barre : 8-28768-71562-8 & 8 28768 71572 7

 
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