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Paul Hindemith jamais si bien servi que par lui-même

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Paul Hindemith (1895-1963) : Konzertmusik pour cuivres et orchestre à cordes ; Nobilissima Visione ; Symphonia Serena ; Concerto pour clarinette ; Concerto pour cor ; Symphonie en si bémol pour concert band. Louis Cahuzac, clarinette ; Dennis Brain, cor. Philharmonia Orchestra, direction : Paul Hindemith. 2 CD EMI Historical 3773442. Code barre : 094637734421. Enregistré du 19 au 24 novembre 1956 au Kingsway Hall de Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 75’18’’ ; 56’28’’

 

Hindemith a enregistré ses propres œuvres sporadiquement chez Telefunken (78 tours), CBS/Sony ou Everest, surtout dans les années 50, Decca, mais c’est essentiellement chez Deutsche Grammophon et chez EMI que l’on pouvait disposer sous sa propre direction d’imposantes gravures de ses œuvres symphoniques à l’époque du microsillon. Dans sa belle série « Original Masters », Deutsche Grammophon a réédité en 2003 l’intégrale des gravures de par Hindemith sur 3 CD (4747702) ne comprenant pas moins de huit partitions, dont les célébrissimes Symphonie « Mathis der Maler » (1934) et Métamorphoses Symphoniques sur des Thèmes de Weber (1943), l’ensemble avec la somptueuse Philharmonie de Berlin, toutefois captée en monophonie de mars 1954 à octobre 1957.

Cette fois, EMI vient d’emboîter le pas à son illustre collègue en publiant ce magnifique double CD contenant six œuvres enregistrées à la même époque, mais en une stéréophonie remarquable alors qu’elle n’était qu’expérimentale, album d’autant plus désirable qu’il ne propose aucun doublon par rapport à la production Deutsche Grammophon. Cette réalisation met splendidement à l’honneur le grand altiste, chef d’orchestre et compositeur allemand, et ce n’est que justice, car ce musicien, trop souvent considéré à tort comme lourd, massif, cérébral et ennuyeux – tout comme son compatriote Max Reger, dont il serait d’ailleurs judicieux d’éditer également l’œuvre symphonique – avait subi un déclin de popularité incompréhensible, hormis le succès d’un petit groupe d’œuvres telles que la Symphonie « Mathis der Maler », les Métamorphoses Symphoniques et peut-être les Nobilissima Visione. Cette publication, associée à celle de la Deutsche Grammophon, est une éclatante réhabilitation de cet immense musicien que fut (1895-1963), et le survol de son œuvre orchestral ne nous fait que prendre d’autant plus conscience de la stature importante qu’il déploie parmi les plus grands musiciens créateurs du XXe siècle.

Certes les œuvres précitées qui sont à juste titre les plus populaires sont également les plus accessibles, mais cela ne doit pas être une raison pour ne pas s’intéresser aux quelques autres pages dont l’écoute approfondie nous révèle des trésors inépuisables d’intelligence, de finesse et d’humour d’un musicien qui, à l’instar de Prokofiev ou Honegger, était un artisan dans le sens le plus pur et le plus noble du terme.

Bien sûr, il est si facile justement, avec la rythmique « motorique » caractérisant certaines de ses œuvres, de tomber dans la lourdeur et le pompiérisme académique, mais c’est précisément ce qu’évite d’une manière péremptoire le compositeur à la direction du londonien : ces musiciens d’un niveau exceptionnel nous offrent des versions définitives, en compagnie des solistes prestigieux (1880-1960), clarinettiste solo de l’Orchestre National à sa création, et (1921-1957), l’admirable corniste anglais trop tôt disparu, qui assura la première du Concerto pour cor dont il est le dédicataire en juin 1950 à Baden-Baden, sous la baguette de Paul Hindemith lui-même. Finesse, humour et tendresse sont les caractéristiques primordiales de l’interprétation de ces pages qui méritent assurément de survivre dans les salles de concert. Et la prise de son, toute de naturel et de subtilité, ne fait que renforcer cette opinion.

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Paul Hindemith (1895-1963) : Konzertmusik pour cuivres et orchestre à cordes ; Nobilissima Visione ; Symphonia Serena ; Concerto pour clarinette ; Concerto pour cor ; Symphonie en si bémol pour concert band. Louis Cahuzac, clarinette ; Dennis Brain, cor. Philharmonia Orchestra, direction : Paul Hindemith. 2 CD EMI Historical 3773442. Code barre : 094637734421. Enregistré du 19 au 24 novembre 1956 au Kingsway Hall de Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 75’18’’ ; 56’28’’

 
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