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70e anniversaire de l’Orchestre Philharmonique d’Israël

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Max Bruch (1838-1920) : Concerto pour violon et orchestre n°1 en sol mineur op. 26. Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n°1 en ré mineur op. 15. Pinchas Zukerman, violon ; Daniel Barenboim, piano, Orchestre Philharmonique d’Israël, direction : Zubin Mehta. 1 DVD Euroarts 2055878, code barre 8 8024255878 7. Enregistré au Frederic R. Mann Auditorium, Tel Aviv, le 26 décembre 2006. Réalisateur : Michel Beyer. NTSC 16/9, son PCM Stéreo, DD 5. 1, DTS 5. 1. Zone 0. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 1h 37’.

 

Le concert reproduit sur ce DVD n’est pas un concert de routine, ni dans son programme où deux concertos joués par deux solistes différents encadrent une pièce symphonique, ni dans son contexte puisqu’il s’agit du gala exceptionnel donné à Tel Aviv pour le 70e anniversaire de l’. Cet ensemble, plus ancien que l’état qui l’abrite, a été créé sous l’impulsion de Bronislav Hubermann en 1936, le grand Arturo Toscanini ayant dirigé le tout premier concert. En 1946 il devient Orchestre Philharmonique de Palestine, et deux ans plus tard, en 1948, il prend sa dénomination définitive. Il est resté sans chef attitré pendant des années, voyant se succéder à son pupitre pour des séries régulières Jean Martinon, Josef Krips, Pinchas Steinberg, et bien d’autres, les plus emblématiques d’entre eux étant Leonard Bernstein dont la collaboration commença dès 1947 et qui fut nommé chef d’honneur en 1967, et , tout d’abord conseiller musical de 1967 à 1979, et depuis cette date, directeur musical (à vie depuis 1981).

Le programme composé pour ce concert de gala était manifestement destiné à réunir de façon festive sur le même podium certains des musiciens qui ont le plus souvent joué avec l’orchestre. De fait, ce sont trois membres du top five qui sont réunis ici, et , ce soir uniquement pianiste, et bien sur . Les deux autres plus assidus partenaires de l’orchestre auraient été Isaac Stern et Itzhak Perlman.

Le concert débute par le Concerto pour violon et orchestre n°1 de joué par un Zukerman visuellement fort peu spectaculaire, certes très concentré, respirant avec ampleur, mais en légère difficulté avec les passages virtuoses de cette partition, enlevant ainsi la fluidité, le brio et l’aisance qu’on attend habituellement ici. L’orchestre de Zubin Mehta, rigoureux, précis, mais un peu « plan-plan » n’emballe pas non plus le discours, ce qui fait qu’on reste quelque peu sur sa faim.

Les mêmes remarques peuvent s’appliquer à La Valse de Ravel, œuvre alliant sérieux et parodie, sobriété et ivresse, lenteur et frénésie, autant de contrastes qui sont trop peu mis en valeur par la direction régulière et plutôt lente de Mehta (ceux qui connaissent la version foisonnante et inspirée de Charles Munch qui enflamme cette valse en 11’se demanderont s’il s’agit de la même œuvre qui, ici, s’écoule paisiblement en plus de 14’!). C’est bien fait, appliqué, mais il manque quelque chose, l’esprit, la passion, n’y sont pas.

Incontestablement plus intéressant est le Concerto pour piano n°1 de Brahms, qui pourtant débute sur la retenue (comme les deux œuvres qui l’ont précédé ce soir), avec des nuances dynamiques quelque peu amoindries voire oubliées, mais qui se lâchera un peu avec l’intervention de Daniel Barenboïm. Dans l’absolu ce n’est pas une de ces versions de référence qu’on écoutera des centaines de fois en restant toujours émerveillé, et il est probable qu’en version CD, on lui aurait donné une mention passable sans plus. L’intérêt est ici plus visuel que sonore, merci le DVD et les caméras numériques modernes ! Cette œuvre concertante musclée, puissante, proche de la symphonie, est assez belle à voir, et spécialement intéressante est la façon dont le pianiste va « physiquement » lutter avec ou contre l’orchestre. La possibilité de voir aussi bien Barenboïm à l’œuvre fait tout le prix de cette capture vidéo. L’observation attentive du son jeu, de son attitude corporelle, de l’expression de son visage, dont la concentration est littéralement palpable, l’économie de gestes, tout cela constitue une leçon pour tout pianiste. Et c’est avant tout pour cet aspect qu’on conseillera ce DVD, par ailleurs fort bien et classiquement filmé, aux images d’une précision exemplaire, lumineuses et parfaitement colorées. Ajoutons que la prise de son est excellente avec une piste stéréo PCM gravée à un niveau plus bas que les pistes multicanaux DD et DTS, ce qui pourrait faussement donner l’impression d’une plus faible dynamique. Une fois de plus, les pistes multicanaux n’échappent pas au défaut de faire entendre à l’arrière des instruments qui, visuellement sont devant nous, nous laissant toujours sceptiques sur l’intérêt des voix arrières pour la reproduction de la musique.

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Max Bruch (1838-1920) : Concerto pour violon et orchestre n°1 en sol mineur op. 26. Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n°1 en ré mineur op. 15. Pinchas Zukerman, violon ; Daniel Barenboim, piano, Orchestre Philharmonique d’Israël, direction : Zubin Mehta. 1 DVD Euroarts 2055878, code barre 8 8024255878 7. Enregistré au Frederic R. Mann Auditorium, Tel Aviv, le 26 décembre 2006. Réalisateur : Michel Beyer. NTSC 16/9, son PCM Stéreo, DD 5. 1, DTS 5. 1. Zone 0. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 1h 37’.

 
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