Emile Naoumoff et Gabriel Fauré

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Nocturnes. Emile Naoumoff, piano. 2 CD Saphir Productions LCV 1077. Code barre : 3760028690771. Enregistré au Temple Saint-Marcel, Paris, en décembre 2006. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 89’51

 

Les treize Nocturnes de jalonnent un parcours esthétique et confirment, s’il en était réellement besoin, l’art d’un maître encore trop incomplètement connu et reconnu. A l’écoute de ce corpus, la devise de Camille Saint-Saëns conserve toute sa pertinence et son actualité : « Fauré n’a pas d’âge et n’en aura jamais ».

Si ce dernier n’a pas adopté sans réserve l’évolution musicale de son temps vers ce que d’aucuns appellent la modernité, choix ou non-choix abondamment commenté et reproché, il est néanmoins évident que sans heurts ni révolution, il réussit à passer progressivement de l’univers romantique des premiers Nocturnes vers un monde merveilleusement enrichi de ses apports personnels (vers une épuration et même parfois un ascétisme remarquable de haute poésie). Sa sensibilité introspective, son questionnement du beau et de l’âme, un certain équilibre revendiqué, stimulent sa création, depuis le monde de Chopin jusque vers une langue épurée et individuelle à la recherche de quelque perfection.

Pour servir ces pièces (la première date de 1875, l’ultime de 1921), le pianiste Emile Naoumoff (né en 1962 à Sofia puis naturalisé français, qui connut l’enseignement de « Mademoiselle » Nadia Boulanger) réussit magistralement, grâce à son toucher à la fois incisif et délicat, son absence de maniérisme et son expressivité lyrique. On jugera la véracité de ces qualificatifs aussi bien avec le délicat et rêveur Nocturne n° 1 (op. 33) en mi bémol mineur qu’avec le Nocturne n° 13 (op. 119) en si mineur, où pureté et hauteur de vue se conjuguent idéalement. Entre ces deux extrêmes Naoumoff explore et illustre une panoplie très large de sentiments, de rythmes, de mélodies et d’atmosphères … tous témoignant des qualités créatrices singulières de . On constate, musique à l’appui, que la surdité qui le frappa à partir de 1903 n’handicapa nullement sa carrière et ses compositions. Une intégrale tout à fait indispensable, d’un niveau équivalent au travail, apprécié en son temps de Eric Heidsieck (EMI, 1962), et, également, de celui de Jean-Philippe Collard (Brilliant, 1973).

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