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Symphonies de Chostakovitch par Ashkenazy : 20 ans après !

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : intégrale des symphonies ; ouverture de fête, op. 96, Octobre, op. 131 ; le chant des forets, op. 81 ; 5 fragments, op. 42 ; symphonie de chambre, op. 110a (orchestration Rudolf Barshai) ; Prélude funèbre et triomphal, op. 130 ; Le carillon de Novorossïïsk. Joan Rodgers, soprano ; Mikhail Kotliarov, ténor ; Sergei Koptchak, baryton ; Nikita Strorojev ; The Bach Choir ; Brighton Festival Chorus ; New London Children’s Choir ; Nikikai Chorus Group ; Royal Philharmonic Orchestra, Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg ; Orchestre symphonique de la NHK, direction : Vladimir Ashkenazy. 1 Coffret de 12 CD DECCA. Référence 475 8748. Code barre : 0 28947 58748. Enregistré entre mars 1987 et juin 2006. Notice de présentation en anglais, français et allemand. Textes chantés en russe et anglais. Durée : 11h 22

 

Les pratiques des maisons de disques sont des plus curieuses ! Alors que le centenaire Chostakovitch est passé, Decca nous offre en coffret à prix réduit, une intégrale entamée il y a près de 20 ans par alors à la tête du Royal Philharmonic de Londres. L’aboutissement fort tardif de ce projet, s’inscrit dans le cadre des 70 ans du pianiste et chef d’orchestre. C’est la moindre des choses de la part de Decca pour un musicien qui, aux côtés de Solti, aura forgé la gloire de son catalogue.

Débutés à l’époque de l’âge d’or du disque digital, ces témoignages étaient passés complètement inaperçus à leur parution. Cette somme fut complétée ultérieurement par deux enregistrements avec la Philharmonie de Saint-Petersbourg (symphonies n°7 et n°11). Afin de graver les dernières symphonies manquantes (les n°4, n°13 et n°14), les ingénieurs Decca se sont rendus auprès de l’orchestre de la NHK de Tokyo dont Ashkenazy occupe les fonctions de chef principal.

Globalement, on n’attendait pas autant de satisfactions de ce coffret. Ashkenazy campe un Chostakovitch essentiellement orchestral, puissamment construit, dynamique et très rapide. Les tenants d’un Chostakovitch métaphysique ou décanté façon Sanderling ou Kitaenko passeront ici leur chemin. On se situe dans la même veine que le travail de Jansons pour EMI sauf que le pianiste-chef est plus affûté et il s’écoute moins diriger que le Letton. Au niveau des orchestres, le Royal Philharmonic et l’orchestre de Saint-Petersbourg font bonne impression, alors que l’orchestre de la NHK est un peu « mou du mollet » dans l’ascension des redoutables symphonies n°4, n°13 et n°14.

La prise de son 100 % Decca est comme toujours une grande réussite et l’audiophile pourra lancer l’ostinato du premier mouvement de la symphonie n°7 ou le finale de la symphonie n°11 pour chauffer son installation high-tech et concurrencer ses jeunes voisins. En analysant ce coffret, on peut pointer deux réussites absolues : les symphonies n°7 et n°11, plastiquement sublimes mais tendues et dramatiques à souhait ; le dernier mouvement de la symphonie n°11 déboise tout sur son passage. Au rang des bonnes surprises, il faut situer une symphonie n°6 assez engagée et puissante. Les symphonies n°8 et n°10 poursuivent dans cette même veine avec beaucoup de succès. Les mouvements rapides sont rendus avec acuité et le chef sait construire et doser les vastes mouvements lents. Jamais jouées en dehors des intégrales, les symphonies n°2 et n°3 sont rendues avec efficacité et énergie.

Le reste des symphonies souffre quelque peu de ce traitement direct et franc. C’est le cas de la symphonie n°1, qui est avare de la noirceur glauque soulevée par Jurowski (Pentatone), Kitaenko (Capriccio) et Bernstein (DGG). On peut faire ces mêmes reproches à une symphonie n°9, un peu trop scolaire car prise au pied de la lettre. Les symphonies n°13 et n°14 sont desservies par un Sergei Koptchak passablement engorgé et mal chantant. Enfin, en queue de peloton, il faut placer les symphonies n°5 et n°12 ; trop appuyées et faussement grandiloquentes, elles lassent très vite l’oreille en dépit d’une excellente prestation orchestrale.

L’un des attraits de ce coffret réside dans des compléments rares et intelligents à l’image du très critiquable et stalinien Chant des forets ou du prélude funèbre et triomphal. Certes, c’est du Chostakovitch de second ou de troisième plan, mais il est agréable de disposer, dans d’aussi bonnes conditions techniques, de ces partitions peu programmées.

On peut trouver mieux ailleurs surtout en terme d’exploitation du message du compositeur à travers des références bien connues : Kitaenko (Capriccio), Barshai (Brilliant), Caetani (Arts), Kondrashin (Melodiya), Haitink (Decca). Cela étant, ce travail homogène, sérieux et sans gros points faibles est un jalon assez important dans la discographie de Chostakovitch. L’excellence et la rareté des compléments ainsi que la haute qualité de la prise de son constituent des atouts supplémentaires qui nous incitent à recommander ce coffret, essentiellement pour une première approche des symphonies du maître.

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : intégrale des symphonies ; ouverture de fête, op. 96, Octobre, op. 131 ; le chant des forets, op. 81 ; 5 fragments, op. 42 ; symphonie de chambre, op. 110a (orchestration Rudolf Barshai) ; Prélude funèbre et triomphal, op. 130 ; Le carillon de Novorossïïsk. Joan Rodgers, soprano ; Mikhail Kotliarov, ténor ; Sergei Koptchak, baryton ; Nikita Strorojev ; The Bach Choir ; Brighton Festival Chorus ; New London Children’s Choir ; Nikikai Chorus Group ; Royal Philharmonic Orchestra, Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg ; Orchestre symphonique de la NHK, direction : Vladimir Ashkenazy. 1 Coffret de 12 CD DECCA. Référence 475 8748. Code barre : 0 28947 58748. Enregistré entre mars 1987 et juin 2006. Notice de présentation en anglais, français et allemand. Textes chantés en russe et anglais. Durée : 11h 22

 
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