Une « Jupiter » filmée comme un (mauvais) manga

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°41 en do majeur « Jupiter » KV 551. Deutsches Symphonie-Orchester Berlin dirigé par Kent Nagano ; réalisation : Oliver Becker et Ellen Fellmann. Production : Bernhard Fleischer. 1 DVD Arthaus Musik 101 427, collection « Kent Nagano conducts classical masterpieces ». Enregistré à la Philharmonie de Berlin. Notice bilingue (anglais et français). Durées : 41’pour le concert et 52’pour le documentaire. code barre : 807280142792

 

La télévision allemande coproduit une série de six DVD présentant des « monuments de la musique classique » interprétés par et le Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin. Le premier DVD est consacré à la dernière symphonie de Mozart, la symphonie n°41 dite « Jupiter », composée en 1788 et que son auteur n’a jamais entendue. Cette œuvre est magnifique : ses quatre mouvements sont tous remarquables et Mozart y a mis tout ce qu’il avait de meilleur. Particulièrement exceptionnel est le finale (Molto Allegro) avec ses cinq thèmes qui vont se succéder puis – on s’y attend un peu – se superposer à la fin du morceau dans une démonstration magistrale de composition musicale. C’est du très grand art qui n’a que très peu d’équivalents.

et son orchestre remplissent parfaitement leur rôle : l’interprétation est excellente, l’orchestre sonne bien, il est vif et précis et les options musicales sont toutes très valables : on prend beaucoup de plaisir à l’écouter. Voilà pour l’aspect purement sonore (le concert à proprement parler) de ce DVD.

Car il s’agit justement d’un DVD et malheureusement, son côté visuel frise la catastrophe : la captation est tout bonnement lamentable. Voulant faire « jeune », des partis pris esthétiques ont été choisis comme le précise d’ailleurs la notice : « Certains moyens stylistiques comme les séquences d’animations, le montage rythmé et les accélérés, donnent à l’ensemble une forme narrative moderne adaptée aux habitudes visuelles de notre époque ». Le résultat ressemble aux tics visuels des mauvais mangas (référence nipponne au chef d’orchestre ?) : l’image est souvent (volontairement) saccadée ou accélérée (nous avions été prévenus) ce qui provoque des hiatus continuels entre ce que l’on voit – qui est très instable – et ce que l’on entend, qui est très fluide. Si ces techniques conviennent bien pour Albator ou Goldorak, pour Mozart, ce n’est pas vraiment ça !

Concernant le documentaire, qui occupe tout de même la moitié du DVD, les réserves sont autres mais tout autant négatives : ce qui est censé avoir des vertus pédagogiques (des aspects de la vie du compositeur en dessin animé ou des explications du chef d’orchestre concernant l’œuvre et son interprétation) n’a strictement aucun intérêt, même pour des adolescents de base. Les animations sont vieillottes (du genre Il était une fois l’homme en pire) et les commentaires de Nagano sont creux (on n’y apprend rien du tout). Les seuls plans valables sont ceux montrant les musiciens de l’orchestre expliquant leur intérêt à jouer la partition pour les passages en solo ou les difficultés d’exécution, ce qui est intéressant mais un peu maigre, finalement.

Pour conclure, sur un DVD musical, Quand la musique est bonne, cela ne suffit pas toujours, il faut que l’image suive aussi. Oubliez ce DVD !

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