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Rinaldo Alessandrini pour un Orfeo au plus près des sources

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Claudio Monteverdi (1567-1643) : l’Orfeo. Monica Piccini, la Musica / una ninfa ; Furio Zanasi, Orfeo ; Anna Simboli, Euridice / una ninfa / Proserpina ; Sara Mingardo, Messaggiera / Speranza ; Sergio Foresti, Caronte / un pastore / un spirito ; Antonio Abete, Plutone / un pastore / un spirito ; Luca Dordolo, Apollo / un pastore / un spirito ; Raffaele Giordani, Gianluca Ferrarini, Marco Scavazza, pastori / spiriti. Concerto Italiano, clavecin, orgue et direction : Rinaldo Alessandrini. 2 CD Naïve OP 30439 AD 125. Code barre : 7-09861-30439-4. Enregistré en février 2007 à l’Académie Sainte-Cécile de Rome. Durée : 1h43’

 

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Cet Orfeo voulu par , le plus musicologiquement correct, diffère-t-il beaucoup des autres versions récentes (Garrido, Jacobs, Malgoire, Savall, …) ? Rien ne semble inédit dans cette version, mais la partition est en elle-même protéiforme, laissant à chacun le loisir de l’instrumentation, de l’ornementation et surtout de la reconstitution.

, dont le nom est apparu il y a une quinzaine d’années avec une version décapante du Second Livre des Madrigaux de Monteverdi chez Opus 111, tire son Orfeo vers un style madrigalesque, à l’instar de sa vision récente des Vespro della Beata Vergine : les chœurs restent à un par voix. Si cela enlève quelque majesté à certains passages, tels « Vieni, vieni, Imeneo » (acte I) ou « Nulla impresa per huom si tenta in vano » (acte III), c’est pour mieux les rapprocher du madrigal – l’Orfeo est contemporain du Cinquième Livre. En cela, Alessandrini reste fidèle à son credo, inspiré de celui de Monteverdi : « que la musique soit servante du discours et non sa maîtresse ». Pour se faire, il s’entoure d’une distribution exclusivement italienne, dont , habitué du rôle d’Orfeo, , tragédienne à souhait, et , autre grand usager des opéras de Monteverdi. Curieuse idée en revanche de confier à une soprano le rôle de Proserpina, donnant ainsi une fraîcheur peu commune aux récitatifs de la reine des enfers, au milieu d’un acte dominé par les couleurs sombres des cuivres et voix masculines.

L’ensemble instrumental n’appelle aucun reproche, avec une utilisation plus importante que d’habitude des percussions. Luxe non négligeable, cet album est accompagné d’une notice longue et intéressante, signée du directeur musical, et d’une nouvelle sentimentale aux effets parfois faciles (« meetic et mythique ») de Camille Laurens. Alessandrini signe ici une nouvelle version d’exception de l’Orfeo pour les 400 ans de sa création, qui se hisse sans efforts au niveau des meilleures. Finalement, entre Savall, Garrido et ce présent album, nous ne saurions vous conseiller que d’acheter… les trois !

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Claudio Monteverdi (1567-1643) : l’Orfeo. Monica Piccini, la Musica / una ninfa ; Furio Zanasi, Orfeo ; Anna Simboli, Euridice / una ninfa / Proserpina ; Sara Mingardo, Messaggiera / Speranza ; Sergio Foresti, Caronte / un pastore / un spirito ; Antonio Abete, Plutone / un pastore / un spirito ; Luca Dordolo, Apollo / un pastore / un spirito ; Raffaele Giordani, Gianluca Ferrarini, Marco Scavazza, pastori / spiriti. Concerto Italiano, clavecin, orgue et direction : Rinaldo Alessandrini. 2 CD Naïve OP 30439 AD 125. Code barre : 7-09861-30439-4. Enregistré en février 2007 à l’Académie Sainte-Cécile de Rome. Durée : 1h43’

 
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