Au pied du Vésuve, Daniel Oren fait trembler Naples

La Scène, Opéra, Opéras

Naples. Arena Flegrea. 04-IX-2007. Giacomo Puccini (1858-1924) : Tosca, opéra en trois actes sur un livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica. Mise en scène : Riccardo Canessa. Décors et Costume : Alfredo Troisi. Lumière : Francesco Aliberti. Avec : Hui He, Flora Tosca ; Piero Giuliacci, Mario Cavaradossi, Renato Bruson, Scarpia ; Chœur du Théâtre Municipal Giuseppe Verdi de Salerne (chef de chœur : Luigi Petrozziello), Maîtrise du Théâtre Municipal Giuseppe Verdi de Salerne (chef de chœur : Antonello Mercurio), Orchestre du Théâtre Municipal Giuseppe Verdi de Salerne, direction : Daniel Oren.

Teatro Giuseppe Verdi di Salerno

« E avanti a lui tremava tutta Napoli! » (Et devant lui tout Naples tremblait !). Cette paraphrase de Tosca peut bien résumer l’atmosphère de la première représentation de l’opéra de Puccini, dirigée par à la tète de l’orchestre du Théâtre Municipal Giuseppe Verdi de Salerne. Une production rendue spectaculaire par les harmoniques de He Hui, Piero Giuliacci et .

Tosca, l’un des plus grand succès de , met en scène le drame d’une femme, Floria Tosca qui, une nuit comblée d’étoiles, tue avant de se tuer. Cet opéra peut être considéré comme le résultat d’un travail de méta-théâtre : l’opéra dans l’opéra. En fait, d’après le livret, Floria Tosca est une chanteuse animée par la passion du chant et de l’amour. Seule femme de cette histoire dramatique, la diva est entourée d’hommes qui la désirent. Désir qui est ici synonyme de mort. Une mort qui représente en dernière instance le final héroïque d’une vie d’artiste. L’histoire mêle ensemble passion amoureuse, foi politique et credo chrétien. Tosca est l’héroïne du livret de Giacosa et Illica, d’après le drame homonyme de Victorien Sardou. Son rôle donne voix au mythe de la chanteuse qui trouve son assomption parfaite : faire de sa vie un opéra. Partagée entre passion, jalousie et folie, elle est amenée à choisir entre la vie de son amant, et la mort de son persécuteur.

La célèbre aria « Vissi d’arte » est l’expression douloureuse (« nel massimo dolore », selon les indications du livret) de toute son histoire. Une sorte d’insight, pendant lequel la musique coule lentement, profondément. Le temps s’épanouit au fur et à mesure que la musique se fait plus lente comme pour retenir la course folle vers la mort.

La mise en scène de Riccardo Canessa, fidèle aux indications de Puccini, est riche en effets et tout particulièrement le merveilleux chœur scénique pour le Te Deum, de même que l’excellent coup pyrotechnique des carabines et le vol dans le vide de Tosca. Les voix d’ et de Piero Giuliacci, nourries de sensualité et de jeune vitalité ont ravi le public qui a réclamé le bis des deux arias, les plus fameuses de l’opéra : « Vissi d’arte », « E lucean le stelle ». A coté d’eux, a fortement imposé la figure du baron Scarpia, moteur du drame, première grande partie de baryton écrite par Puccini.

L’orchestre, emporté par la passion presque violente que lui insuffle , a très bien soutenu les protagonistes sur scène. Quel frisson, sous les soli de Giuseppe Nastro au violoncelle ou de Salvatore Natale à la clarinette ! Quelle émotion dans Vissi d’arte et quel pathos quand le tambour solo (Vincenzo D’Acunto) prélude à la mort de Scarpia !

Final d’opéra majestueux : le Maestro élève sa main puissante sur l’orchestre (tutti, fortissimo fff) après un dernier aigu de soprano, lancé avec la force d’un cri et comme un ultime défi : « O Scarpia, avanti a Dio » ! Le destin est accompli, l’opéra de Floria Tosca, terminé.

Crédit photographique : © Théâtre Giuseppe Verdi de Salerne

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