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Carte blanche à Henri Dutilleux

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Paris, salle Pleyel. 27-IX-2007. György Ligeti (1923-2006) : Lontano. Luis de Pablo (né en 1930) : Frondoso Misterio, pour violoncelle et orchestre. Betsy Jolas (née en 1926) : Lovaby, extrait de Schliemann suite. Olivier Messiaen (1908-1992) : Un Sourire. Asier Polo, violoncelle ; Virginie Pochon, soprano ; Orchestre de Paris, direction : Jean Deroyer.

Sans que ce soit une occasion particulière, l’ a laissé la programmation de cette soirée à . La modestie du vénérable compositeur a fait qu’il n’a programmé aucune de ses œuvres, alors qu’au même moment sort un remarquable CD consacré à ses pièces pour vents et piano.

Hélas, l’, stupéfiant la semaine dernière, est retombé dans une grisaille routinière. Lontano de Ligeti, étude de la micropolyphonie, œuvre portant en germe toute la future école spectrale, sonne de manière bien terne. Frondoso Misterio enfonce le clou : Luis de Pablo nous a infligé une longue demi-heure d’idées musicales désorganisées sur une orchestration bancale. Le Sacre du Printemps – qu’il a visiblement trop écouté – fait son apparition à chaque mesure, et Asier Polo, bien que doté d’une technique irréprochable, reste sur un jeu sec et dur.

Obéissant à une règle chère à son cœur, a demandé à ce que les œuvres soient jouées deux fois, pour pouvoir approfondir l’écoute après la surprise de la découverte. Pour des raisons de temps, seul Lovaby de a bénéficié de cette manœuvre. L’idée est pertinente : cette mélodie avec orchestre, qui semblait quelconque à la première écoute, dévoile ses trésors à la seconde audition. Les interprètes eux-mêmes sont mieux entrés dans la partition, pour nous en faire découvrir les raffinements de l’orchestration, toujours respectueuse de la voix (excellente dans cette partie peu facile). Malheureusement ces deux interprétations de la même œuvre étaient séparées d’un trop long monologue de la compositrice, qui, en lieu et place de nous présenter son œuvre, a parlé de la genèse de l’opéra Schliemann (créé à Lyon en 1995) dont est issu cet air.

Avec Un Sourire de Messiaen, nous retombons dans la grisaille du Lontano initial : les longs accords successifs ne s’enchaînent pas, les passages rythmiques reprenant les chants d’oiseaux aux vents et percussions sont particulièrement durs et acérés. Tout cela sonne mécanique et manque singulièrement de souplesse. Dommage, car le programme, peu accrocheur il est vrai, était pour le moins original. Le public une fois de plus clairsemé (et une fois de plus toussotant dans les passages pianissimo) a réservé un triomphe à celui dont on n’a pourtant pas entendu une seule note : Henri Dutilleux. Un privilège accordé seulement aux plus grands.

Crédit photographique : © Raphaël Pierre

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Paris, salle Pleyel. 27-IX-2007. György Ligeti (1923-2006) : Lontano. Luis de Pablo (né en 1930) : Frondoso Misterio, pour violoncelle et orchestre. Betsy Jolas (née en 1926) : Lovaby, extrait de Schliemann suite. Olivier Messiaen (1908-1992) : Un Sourire. Asier Polo, violoncelle ; Virginie Pochon, soprano ; Orchestre de Paris, direction : Jean Deroyer.

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