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Mahler par Zinman, garanti sans matière grasse

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Gustav Mahler (1860-1911) : symphonie n°3 en ré mineur. Birgit Remmert, contralto ; Schweitzer Kammerchor (direction : Fritz Näf) ; Zürcher Sängerknaben (direction : Alphons von Aarburg) ; Tonnhalle Orchestra Zurich, direction : David Zinman. 2 SACD RCA. Réf. 88697 12918-2. Notice de présentation en allemand, anglais et français. Enregistré en février et mars 2006 à la Tonnhalle de Zurich. Durée : 98’13. Code barre : 8 86971 29182 7.

 

Après l’immense succès des deux premiers volets de la nouvelle intégrale Mahler selon et son orchestre de la , on attendait les protagonistes au tournant de la symphonie n°3. Las, cette version déçoit car à force de triturer le texte en long, en large et en travers, pour en faire ressortir les moindres détails, le grand chef américain s’écoute diriger et perd, dans certains mouvements, le fil directeur.

Tout compte fait, par sa longueur et la variété des climats de ses mouvements, la symphonie n°3 est certainement la plus délicate du cycle pour le chef d’orchestre. D’ailleurs, les références sont assez peu nombreuses proportionnellement à l’imposante discographie : Bernstein (DGG), de Waart (RCA), Haitink (Philips et CSO), Boulez (DGG) et Gielen (Hänssler) dominent les débats et l’on ne compte plus les versions décevantes de Salonen (Sony) à Rattle (EMI) en passant par Tilson Thomas (Avie) ou Nagano (Teldec).

L’idée principale de Zinman, c’est d’alléger au maximum les textures et les effets massifs d’orchestration pour livrer un Mahler sans graisse favorisant la fluidité narrative. C’est assez intéressant dans le long premier mouvement, bien servi par les solistes de l’orchestre. Cependant cela se gâte sérieusement avec le second mouvement, pris trop lentement et qui apparaît ainsi décharné et dénervé ; défaut qui plombe également les mouvements vocaux. Le Comodo Scherzando est mieux venu, mais sa légèreté pastorale sonne avec trop d’intentions pour être honnête. Le mouvement final est une synthèse des problèmes de cette interprétation avec son manque d’idées directrices et d’abandon.

L’orchestre, puissant et charnu dans les symphonies n°1 et n°2, livre une prestation convenable mais on était en droit d’attendre plus d’engagement, de couleurs et de « peps ». Les parties vocales sont, quant à elles, abandonnées à elles-mêmes avec une Birgit Remmert glaciale et des chœurs perdus sur la banquise.

Un disque décevant donc, et l’on espère que Zinman galvanisera ses troupes dans la suite de cette intégrale.

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Gustav Mahler (1860-1911) : symphonie n°3 en ré mineur. Birgit Remmert, contralto ; Schweitzer Kammerchor (direction : Fritz Näf) ; Zürcher Sängerknaben (direction : Alphons von Aarburg) ; Tonnhalle Orchestra Zurich, direction : David Zinman. 2 SACD RCA. Réf. 88697 12918-2. Notice de présentation en allemand, anglais et français. Enregistré en février et mars 2006 à la Tonnhalle de Zurich. Durée : 98’13. Code barre : 8 86971 29182 7.

 
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