Concerts, La Scène, Musique symphonique

Jeunes, enthousiastes et brillants

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Grenoble. MC2. 09-X-2007. Arnold Schœnberg (1874-1951) : Musique d’accompagnement pour une scène de film op. 34 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°5 op. 73 « l’Empereur » ; Symphonie n°5 op. 67. Alain Planès, piano. Orchestre du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, direction : Heinz Holliger.

Schoenberg Beethoven – Orchestre du

Les élèves du sont par définition de jeunes gens extrêmement talentueux et passionnés. Réunis sous la baguette d’un chef précis et dynamique, ils forment un orchestre éblouissant de fougue, d’énergie, de finesse.

Le choix du programme est intéressant et audacieux : les œuvres phares sont des « tubes » de la musique classique – Le concerto pour piano « L’Empereur » et la symphonie n°5, difficile de faire mieux en la matière ! – qui ont évidemment attiré une foule très nombreuse. L’audace se situe dans le choix de la première œuvre : le concert débute par la Musique d’accompagnement pour une scène de film de Schœnberg. Composée en 1930 sous l’impulsion de l’éditeur Heinrischshofen, cette œuvre sérielle illustre des images – fictives – qui traversèrent l’esprit du compositeur. De quoi déstabiliser pendant 8 minutes un public venu applaudir une musique qui séduit par son aspect familier et ses audaces apprivoisées depuis quelques siècles. De quoi l’initier, aussi, à une écriture plus tendue, non tonale, certes, mais fondée elle aussi sur des ambiances qui vous happent facilement et des effets de nuances très efficaces. Sous la baguette d’Holliger, l’orchestre du conservatoire national de Paris met en valeur avec beaucoup de vigueur et d’expressivité ces enchaînements d’atmosphères sombres et tragiques.

Le concerto pour piano l’Empereur n’est plus à présenter. Lorsqu’une telle œuvre est donnée en concert, aucune erreur d’interprétation, aucune négligence n’est possible : on a en tête des versions idéales, une idée précise de ce que l’on attend, et l’enjeu est finalement de taille pour les musiciens. relève brillamment le défi, avec un jeu lumineux, puissant, mais aussi léger, fin, dynamique. L’orchestre jubile de jouer avec un tel artiste, et sa vigueur et sa précision achèvent de donner à l’œuvre tout son relief. Ovationné par tous – public, chef et musiciens de l’orchestre – donne en bis une Bagatelle de Beethoven, subtile, légère, où la virtuosité de certains passages passe totalement inaperçue tellement elle est maîtrisée au service de la musicalité.

choisit de prendre les mouvements rapides de la 5ème symphonie à des tempi très audacieux. L’œuvre, qui dans certaines interprétations, peut paraître un peu empâtée, y gagne en légèreté, dynamisme, fougue. Dans cette œuvre comme dans les précédentes, l’enthousiasme, l’énergie, la complicité des musiciens de l’orchestre national de Paris sont palpables. Leur bonheur transparaît dans une interprétation extrêmement vivante mais aussi dans leurs sourires, communicatifs. Si l’on ne devait retenir qu’une sensation de ce concert, ce serait celle-là : le bonheur et la complicité d’artistes d’une technique et d’une précision impressionnantes, sous la baguette d’un chef extrêmement clair et généreux.

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Grenoble. MC2. 09-X-2007. Arnold Schœnberg (1874-1951) : Musique d’accompagnement pour une scène de film op. 34 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°5 op. 73 « l’Empereur » ; Symphonie n°5 op. 67. Alain Planès, piano. Orchestre du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, direction : Heinz Holliger.

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