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Paris. Théâtre des Champs Elysées. 16-X-2007. Edward Elgar (1857-1934) : Sospiri, adagio pour cordes, harpe et orgue, op. 70 . Jean Sibelius (1865- 1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 47. Antonin Dvořák (1841- 1904) : Symphonie n°5 en fa majeur, op. 76. Henning Kraggerud, violon. Ensemble Orchestral de Paris, direction : Lionel Bringuier

Sans nul doute, le concert de l’ sous la baguette de , 21 ans était un événement attendu : le plus jeune chef français menant une carrière internationale – chef assistant du Los Angeles Philarmonic Orchestra -, un violoniste norvégien acclamé par la critique dans Sibelius… Une belle affiche en perspective.

Le choix musical ne démentit pas la maturité attribuée à ce jeune chef. Inopinément, l’ensemble des doutes convergea vers l’aisance de l’orchestre dans ce répertoire, davantage que sur un prodige, attendu au tournant. Les Sospiri d’Elgar, élégie orchestrale composée à la veille de la Première Guerre Mondiale, ont introduit le concert avec justesse. Le lyrisme pudique et l’atmosphère intimiste de l’œuvre, portés par un pupitre de cordes dévoué, trouvèrent achèvement dans l’atmosphère intense et passionnée du concerto pour violon.

, remarqué entre autre auprès de Leif Ove Andsnes et de Martha Argerich, a fait preuve d’un charisme et d’une virtuosité remarquables dans cette œuvre redoutable du répertoire violonistique. Avec une propreté impeccable, un phrasé structuré et surprenant, il a rendu palpable cette aspiration au sublime qui est la poésie-même de l’œuvre. Sa rigueur rythmique et sa sonorité dense ont fait face, dans ce monument de forces tellurique, à un accompagnement en tous points déconcertant. Au violoniste la musique, à l’orchestre le déchiffrage. Les deux bis qui suivirent ont cependant prolongé le climat méditatif de l’œuvre, tel un extrait d’une sonate d’Ysaÿe, duquel Kraggerud a su tirer toute la semence créatrice et la singulière brillance technique.

En deuxième partie, Dvořák a permis quelque peu à l’orchestre et au chef de redorer son blason. Très à son aise dans les passages aux rythmes de danse flamboyants, l’ensemble, rompu aux impératifs chambristes, a déployé une énergie exemplaire pour maintenir cohésion et enthousiasme. Et la bonhomie qui le défavorisa dans Sibelius se mût en charme pastoral. Mais il n’en demeure pas moins que les détails peu soignés comme la justesse approximative des bois, l’intolérable saturation des cuivres, le manque d’écoute et de mordant, auraient pu être fatals.

Mais ce qu’il en reste, est, certes, plus flatteur : le geste évocateur d’un jeune chef prometteur et la discrète incandescence d’un violoniste nordique.

Crédit photographique : Hennig Kraggerud © Trygve Schonfelder

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Paris. Théâtre des Champs Elysées. 16-X-2007. Edward Elgar (1857-1934) : Sospiri, adagio pour cordes, harpe et orgue, op. 70 . Jean Sibelius (1865- 1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 47. Antonin Dvořák (1841- 1904) : Symphonie n°5 en fa majeur, op. 76. Henning Kraggerud, violon. Ensemble Orchestral de Paris, direction : Lionel Bringuier

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