Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Couleurs et lumière d’une itinérance musicale

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Galeries des Batailles, Versailles, Les 20 ans du Centre de Musique Baroque. 20-X-2007. Charles Tessier (ca 1550- ????) : « Quand le flambeau du monde » ; « Je suis par trop longtemps » ; « Mattone mie care » ; « Me voilà hors du naufrage » ; « Madonna di Coucagna » ; «No ay en la tierra » ; Hel vel Acqueur », « Tallisiman ». Maurice de Hesse : « Pavana del Sgr. Guilemo Keudelio ». Leo Hassler : « Junckfrauw deine schöne gestalt ». Isabelle Druet, dessus ; Bruno Le Levreur, haute-contre ; Jan Van Elsacker, taille ; Arnaud Marzorati, basse-taille ; William Dongois, cornet à bouquin. Mélanie Flahaut, flûte et dulciane. Katarina Andres, hautbois. Kaori Uemura, dessus de viole. Lucas Guimaraes et Isabelle de Saint-Yves, basses de viole. Françoise Enock, violone. Michèle Claude, percussion. Le Poème Harmonique. Théorbe, guitare et direction : Vincent Dumestre.

CMBV

« Heureux qui comme Ulysse … », nous a offert pour évoquer le premier Versailles, « ce petit château de briques à coin de pierre » de Louis XIII, objet de ce dernier week-end anniversaire du Centre de musique baroque de Versailles une itinérance musicale, les Carnets de Voyages de Charles Tessier. Comment ne pas se laisser emporter par la musique intérieure de ce dernier et des interprètes du Poème Harmonique.

Musique et interprétation lumineuse, à l’image de cet air Quand le flambeau du Monde, clarté délicate qui dans la nuit guide le voyageur d’une rive à l’autre. Dès les premières notes, la voix de dessus, riche et sensuelle d’ nous étreint et ses trois compagnons avec une sensibilité vocale ardente donne sens à cette poésie à la sensualité sensible.

Charles Teissier fut un musicien, grand voyageur qui acheva sa carrière à la cour d’Henri IV et sa musique est évocatrice de ce baroque libre, mélange des genres, où se rencontre musique populaire et savante, à la grande liberté de ton qui perdura sous le règne de Louis XIII. On retrouve chez lui ce mélange de poésie délicate (Quand le flambeau du Monde, Me voilà hors naufrage) ou d’airs audacieux et impertinents, comme Je suis par trop longtemps, où , devient pucelle effarouchée diabolique, nous révélant une autre facette de son talent. Actrice née, ses œillades et sa gestuelle évoque avec brio ses demoiselles qui dans le sillage de la cour mêlait jeux d’amour et de politique.

Tout est plaisir dans cette invitation au voyage, dans ce programme qui donne à chaque interprète et musicien, la possibilité de nous étonner et de nous emmener sur les routes de ce monde encore à découvrir : Matonne mie care, « chanson suissece » dont la richesse linguistique, suite de mots dont le sens nous échappe (italien, allemand, français) et dont nous offre une interprétation aux ornementations jouant sur tous les registres du burlesque au grave, du cocasse à la suavité des mots ou ces chansons turcquesques (Hel vel Acqueur, Tallissiman) dont l’exubérance et la somptuosité des jeux musicaux nous démontre combien sous la direction de , fusionne avec âme et passion la beauté des timbres instrumentaux et des voix, créant ainsi une harmonie fluide et délicate ouvrant les courbes de l’horizon au-delà de la grande perspective, nimbée de jeux de lumière mordorée et vaporeuse, comme dans ce tableau du Lorrain qui illustrait le disque dont a fait l’objet ce programme. Oui, là – bas, un port attend le voyageur. Et pour terminer ce merveilleux concert, un bis que nous aimons tant, Nos esprits libres et contents, sarabande qui nous entraine à poursuivre sans cesse, dans un mouvement perpétuel, la route. Voici un concert dont on aurait aimé qu’il ne s’achève jamais.

Alors, n’hésitez pas, cette quête sensible de l’infini vous sera à nouveau offerte par Vincent Dumestre et à l’auditorium du Louvre le 12 décembre 2007.

Crédit photographique : © Eric Manas

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Galeries des Batailles, Versailles, Les 20 ans du Centre de Musique Baroque. 20-X-2007. Charles Tessier (ca 1550- ????) : « Quand le flambeau du monde » ; « Je suis par trop longtemps » ; « Mattone mie care » ; « Me voilà hors du naufrage » ; « Madonna di Coucagna » ; «No ay en la tierra » ; Hel vel Acqueur », « Tallisiman ». Maurice de Hesse : « Pavana del Sgr. Guilemo Keudelio ». Leo Hassler : « Junckfrauw deine schöne gestalt ». Isabelle Druet, dessus ; Bruno Le Levreur, haute-contre ; Jan Van Elsacker, taille ; Arnaud Marzorati, basse-taille ; William Dongois, cornet à bouquin. Mélanie Flahaut, flûte et dulciane. Katarina Andres, hautbois. Kaori Uemura, dessus de viole. Lucas Guimaraes et Isabelle de Saint-Yves, basses de viole. Françoise Enock, violone. Michèle Claude, percussion. Le Poème Harmonique. Théorbe, guitare et direction : Vincent Dumestre.

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