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Airs de Rossini par Max Emanuel Cenčić

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Gioachino Rossini (1792-1868) : Tandredi : « Oh patria ! Dolce e ingrata patria… Di tanti palpiti » ; ouverture. Aureliano in Palmira : « Dolci silvestri… Perché mai le luci apprimo » ; ouverture. La donna del lago : « Mura felici » ; « Ah si pera » ; Semiramide : ouverture ; « Eccomi in Babilonia… Ah, quel giorno » ; « In si barbara sciagura ». Max Emanuel Cenčić, contre-ténor. Ensemble Vocal Le Motet de Genève. Orchestre de Chambre de Genève, direction : Michael Hofstetter. 1 CD. Virgin Classics. Références et code barre : 0094638578826. Enregistré au Studio Ansermet, Genève, en septembre et octobre 2006. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 73’14’’.

 

Le choix du contre-ténor d’enregistrer un CD consacré exclusivement à des extraits d’opéras de Rossini pourrait irriter plus d’un auditeur. Historiquement, rien ne légitime une telle décision, la quasi-totalité des morceaux figurant sur ce programme ayant été composés à l’intention de chanteuses féminines ; seul fait exception à cela le bel air de Aureliano in Palmira « Perché mai le luci apprimo », créé en 1813 par le chanteur Giovanni Battista Velluti, généralement considéré comme le dernier grand castrat de l’histoire de l’opéra.

Pour qui a dans l’oreille les interprétations de , Marylin Horne, Vesselina Kassarova, Lucia Valentini-Terrani ou encore Ewa Podles, cantatrices dont le timbre androgyne convient idéalement aux personnages masculins représentés ici, la voix de Max Emanuel Cencic paraîtra un peu mince, voire quelque peu désincarnée. En aucun cas le jeune chanteur ne peut en effet rivaliser, en puissance et en force dramatique, avec les interprètes pré-citées, toutes dotées d’une solide quinte aiguë que pourrait jalouser plus d’une soprano et qui, physiologiquement, fera toujours défaut à la voix de contre-ténor.

Et pourtant, ce récital force l’admiration, tant Max-Emanuel Cencic se montre virtuose dans ces pièces à la difficulté technique redoutable. C’est sans le moindre problème qu’il triomphe des vocalises et des pièges de Tancredi, Semiramide ou La donna del lago, et la beauté intrinsèque du timbre, aux mille couleurs chatoyantes sur tous les registres de la voix, fait le reste. L’interprétation, enfin, est délicatement peaufinée, et Cencic trouve pour ses personnages des accents pathétiques qui remportent l’adhésion de l’auditeur. La dernière plage du CD, le dernier air de Arsace dans Semiramide, se montre à cet égard particulièrement convaincante, le fait d’entendre pour une fois une véritable voix masculine permettant, notamment dans la belle phrase « Ah ! è mia madre. Al pianto mio forse il padre perdonarle ancor vorrà », de mieux ressentir le trouble du personnage à ce moment particulier du drame.

L’, sous la baguette de , ainsi que l’Ensemble Vocal Le Motet de Genève, offrent au chanteur un soutien plus qu’efficace. Peut-être aurait-on cependant préféré entendre davantage d’airs chantés à la place des trois ouvertures qui complètent ce séduisant programme, mais sans en présenter le même intérêt.

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