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La quête du sublime par Louis Lortie et Kurt Masur

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Paris. Salle Pleyel. 10-XI- 2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756- 1791) : Concerto pour piano n°23 en la majeur KV 488 ; Fantaisie pour piano en ré mineur KV 397 ; Anton Bruckner (1824- 1896) : Symphonie n°7 en mi majeur. Louis Lortie, piano ; Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

La quête du sublime

Il y a foule ce samedi soir salle Pleyel et pour cause : dirige Bruckner et le pianiste canadien , dans le Concerto en la majeur de Mozart, est précédé par une réputation méritée : il a dernièrement donné en concert l’intégrale des concertos avec l’Orchestre Symphonique de Montréal.

Est-ce l’effectif trop important, la sonorité si « personnelle » du National, veloutée et enveloppante, ou le romantisme de l’approche orchestrale qui n’auraient pas assez mis en valeur le pianiste dans le premier mouvement du concerto? Ce dernier n’aura été pleinement révélé que dans le silence de la deuxième partie. Dans cet Adagio au parfum de paradis perdu, y a déployé avec une infinie patience, un lyrisme angélique. La perfection technique de son touché, l’utilisation sélective et bienvenue de la pédale, parfaitement adaptées à Mozart, ont laissé résonner, bien après le troisième mouvement festif, son phrasé comme suspendu.

La Symphonie n°7 de Bruckner, que l’orchestre a rôdée lors d’une tournée allemande cet automne, a été créée en 1884 et a marqué le début de la renommée du compositeur. Le second mouvement, une méditation funèbre, est en relation directe avec la mort de Wagner, son maître et son idole. Accueillie en septembre avec bienveillance mais sans emphase par la presse berlinoise, il en a été tout autrement à Pleyel. Le public a salué l’énergie et la passion souveraine d’une interprétation infusée d’humanité. Dans cette partition où Furtwängler voyait s’incarner le divin, la tension dramatique a été soutenue par des cordes inspirées et remarquables et un pupitre de cuivres, qui même parfois chancelant est resté puissant et discipliné.

L’inspiration du chef, à l’image de sa passion pour cette œuvre, n’a rien laissé au hasard : pas un moment sans relief ou sans couleur. Il a su, une fois de plus, « transformer la musique en un paysage » majestueux. Et si certains pianissimi auraient gagné à être exagérés, les effets de masse saisissants et l’atteinte d’apogées colossales ont confirmé l’envergure d’un orchestre taillé pour ce répertoire. Il faut également souligner que l’orchestre, malgré l’importante quantité de supplémentaires, autant dans les cordes que dans les cuivres, n’a été altéré ni en sa prestance, ni en son homogénéité.

Le concert sera diffusé sur France Musique le 19 novembre à 20h.

Crédit photographique : Louis Lortie © Kasskara

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Paris. Salle Pleyel. 10-XI- 2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756- 1791) : Concerto pour piano n°23 en la majeur KV 488 ; Fantaisie pour piano en ré mineur KV 397 ; Anton Bruckner (1824- 1896) : Symphonie n°7 en mi majeur. Louis Lortie, piano ; Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

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