Giorgio Battistelli et les artisans du village d’Albano Laziale en scène

La Scène, Spectacles divers

Paris. Cité de la Musique. 16-XI-2007. Giorgio Battistelli (né en 1953) : Experimentum mundi, opera di musica immaginistica. Textes tirés de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert. Paolo Frassinelli, coordination artistique. Avec : Alfredo Sannibale, Gianni Sannible, tonneliers ; Silvio Tamburri, Alberto Casini, charpentiers ; Leonardo Innocenzi, Oberdan Carpineti, paveurs ; Ciro Paudice, Luigi Battistelli, maçons ; Guido Salustri, Egidio Corsi, cordonniers ; Aldo Sardilli, Wladimiro Carpineti, aiguiseurs ; Fabio Sannibale, Edoardo Borgiani, forgerons ; Marcello Di Palma, pâtissier ; Fernando Carpineti, tailleur de pierre ; Anna Rita Severini, Florenzia Delle Chiaie, Paola Calcagni, Elvira Battistelli, chœur ; Nicola Raffone, percussions ; Bernanrd Freyd, comédien-récitant. Direction : Giorgio Battistelli.

On pourrait interpréter l’opéra Experimentum mundi, comme un exemple de poésie sonore du quotidien, expression nostalgique d’un monde, celui des artisans, presque en extinction. La pièce s’inscrit dans le cadre du cycle Rituels du quotidien que la Cité de la Musique a consacré à la mise en musique de la magie des rituels profanes : de la célébration des saisons, à l’évocation du labeur quotidien. Ecrit en 1981, Experimentum mundi est sans doute l’un des opéras le plus original de qui porte en scène 16 artisans/musiciens amateurs, qui interprètent leurs propres métiers dans une sorte de fresque romantique : réalité gestuelle et sonore aux saveurs familières, le tout accompagné par un chœur de femmes qui chuchottent des prénoms, par un percussionniste professionnel qui imite les sons et les bruits produits par les artisans et un comédien qui lit une longue liste d’instruments de travail tel un texte poétique.

S’appropriant un espace-lieu suspendu entre ordre et désordre, cette expérimentation de musique gestuelle allie les rythmes profanes soigneusement ordonnés par Battistelli et les bruits usuels de l’harmonie de la vie quotidienne. L’activité frénétique s’interrompe à plusieurs reprises comme dans une sorte de ferme-image fixant dans le temps suspendu un instantané pittoresque de ce groupe âgé. L’association musique/théâtre-réalité invite à une réflexion originale sur la notion de forme et de paysage sonore, sur l’alliance entre bruit et son et sur les différentes formes de dramaturgie sonore et gestuelle.

Crédit photographique : © DR

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