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Telemann et la France : le goût et l’élégance.

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Toulouse. Auditorium Saint Pierre-des-Cuisines. Le 20-XI-2007. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Le divertissement de Chambord ; Le triomphe de l’Amour ; François Couperin (1668-1733) : Troisième Concert Royal ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Suite en sol majeur, « la bizarre » ; Suite en sol majeur, « la putain » ; Orchestre de chambre de Toulouse. Direction, Gilles Colliard.

Peu d’instrumentistes sont aussi à l’aise sur instruments modernes et anciens.

a su insuffler à tous ses musiciens le feu sacré de la musique baroque qu’il a acquis. Le résultat est saisissant. Cordes de boyaux, absence de mentonnières, archers différents, rien de semble déranger la perfection du jeu des musiciens. Leur aisance est totale, leur virtuosité est vertigineuse. Toute l’élégance et le bon goût français sont présents tout le long de ce brillant concert. L’assemblée comblée a pu s’étourdir de ces rythmes pointés, de ces danses vives, de ces couleurs si fraîches, caractéristiques du baroque français.

L’ampleur et la grandeur de la musique de Lully, l’intimité et la sensibilité de celle de Couperin rehaussent l’humour et la subtilité des deux suites de Telemann.

Le phrasé et les couleurs mordantes des cordes de boyaux ont fait merveille, mais c’est peut être la tenue des instruments et surtout la tenue comme suspendue des archets (divine Anne Garnier au violoncelle !) qui est la plus surprenante. En tout cas, les qualités de musiciens complices (quelle grâce dans les sourires de Marina Beheretche !), les audaces et la vivacité des tempi, les regards attentifs de tous, se retrouvent comme toujours chez ces artistes engagés.

Il faudrait citer tous les musiciens, car tous, absolument tous ont eu des moments de splendeur rares que se soient les seconds violons ou les altos. Car évidemment les premiers violons ont été les plus spectaculaires.

Le concept de Baroque Contemporain défendu par l’ a prouvé ce soir sa pertinence grâce au brillant et à l’élégance de leur jeux. Un CD enregistré cet été dans le Lot en l’église des Arques, a été présenté ce soir en partenariat avec la ville de Toulouse, illustrant ces doubles possibilités de jeu sur instruments modernes et baroques.

En quittant ce beau lieu de concert les spectateurs ont eu la sensation d’avoir vécu un moment d’émotion rare, loin de la confusion du monde environnant. Ce soir tout n’a été que charme, intelligence, légèreté et élégance. Souvenir trop fugitif, convoqué par ces merveilleux artistes, d’une France alors admirée du monde pour son bon goût, et qui favorisait la musique … France hélas bien éloignée de la notre …

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Toulouse. Auditorium Saint Pierre-des-Cuisines. Le 20-XI-2007. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Le divertissement de Chambord ; Le triomphe de l’Amour ; François Couperin (1668-1733) : Troisième Concert Royal ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Suite en sol majeur, « la bizarre » ; Suite en sol majeur, « la putain » ; Orchestre de chambre de Toulouse. Direction, Gilles Colliard.

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