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Toulouse. Halle aux grains. Le 1-I-2008. Concert symphonique, œuvres de : Mickail-Ivanovitch Glinka ( 1804-1877) ; Gioachino Rossini ( 1792-1868) ; Johann Strauss fils ( 1825-1899) ; Piotr Illich Tchaïkovski ( 1840-1893) ; Alexandre Borodine ( 1833-1887) ; Ottorino Respighi (1879-1936) ; Jacques Offenbach ( 1819-1880). Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Direction : Tugan Sokhiev

Sans contestation, l’institution du concert du nouvel à Vienne, fait partie des incontournables pour les amateurs de musique classique. Il est radio et télédiffusé depuis plus de 50 ans. À Toulouse la tradition n’est pas si ancienne ni le prestige si international. Mais cette année, il s’est passé quelque chose. Pour la première fois a eu la charge de ce concert et la réussite est éclatante. Le choix des œuvres a été un régal d’intelligence et de musicalité. L’interprétation a été brillante, sensible et pleine d’humour.

Ce spectacle a été annoncé complet et il ne restait pas beaucoup d’espace dans une Halle aux grains archi comble. L’enthousiasme du public a été réconfortant, toutes générations confondues, avec de nombreux jeunes et même très jeunes. En fait c’est une véritable fête de la jeunesse qui nous a été proposée. Toulouse est une ville jeune, l’orchestre a une moyenne d’âge enviable, les femmes sont présentes largement et est né en 1977. La passion, la vigueur, l’enthousiasme ont été communicatifs. On ne pouvait rêver meilleur début pour 2008 dans la ville rose candidate au titre de Capitale Européenne de la culture.

L’ouverture de Russland et Ludmila a été prise à très grande vitesse. Les cordes ont brillamment suivi cette battue précise. Ce début vigoureux mais tout en souplesse a fait l’effet d’un bouchon de champagne qui saute. Le ton était donné, le public a d’emblée été conquis et l’orchestre s’est mis sur la voie de l’excellence. De nombreuses pièces du programme sont extraites du monde du théâtre.

L’ouverture de Guillaume Tell a été très bien nuancée avec de magnifiques solos de violoncelle, cor anglais et flûte. Les dynamiques ont été maîtrisées comme rarement. L’orage a été apocalyptique et la vigoureuse sonnerie des trompettes a été entraînante. Une autre pièce extraite d’un opéra rare est la suite des Danses Polovtsiennes de Borodine. Grands effets variés, belles couleurs d’orchestration, jeunes filles et jeunes gens en riches costumes semblaient surgir sous nos yeux.

Les trop courts extraits de Casse Noisette rappelaient de bons souvenirs à ceux qui avaient entendu Tugan Sokhiev diriger ce ballet dans la fosse du Capitole. L’émotion de la Danse de la fée dragée avec le célesta si nostalgique a été un moment de poésie pure, absolument magique. Mais ensuite quelle ampleur pour la Coda du pas de deux. Difficile de retenir ses larmes devant tant de beauté musicale si finement offerte par un chef et un orchestre en état de grâce.

D’autres pièces courtes et très célèbres ont charmées le public. La Tarentelle de Respighi est plus connue comme étant la Danza de Rossini. La vivacité et le panache de la direction de Tugan Sokhiev a été vertigineuse. La barcarolle des contes d’Hoffmann a été un délice subtil semblant sortir d’un songe. Les cors silencieux mais facétieux ont mimé les gondoles.

Mais un concert du Nouvel An ne peut se passer de Johann Strauss. À nouveau le théâtre avec une ouverture de la Chauve Souris endiablée. Mais Valses et Polkas n’ont pas démérité et ont été dignes de celles jouées à Vienne.

Ce concert a donc été entièrement consacré à la danse et au théâtre. Il a été offert avec bonheur, humour et générosité par un orchestre déchaîné et un chef au charisme ensorcelant. Pour les bis, l’orchestration très originale de Tea for two par Chostakovitch a été d’un raffinement musical incroyable et la fameuse Marche de Radetzky a amené le chef à diriger le public battant des mains. Tout le monde est donc tombé sous le charme de Tugan Sokhiev.

De toute évidence ce chef aime le théâtre et, découvrir sa direction de la Dame de Pique très bientôt au capitole devient de plus en plus une urgence et un événement à ne pas manquer.

L’année 2008 a sacrément bien commencé à Toulouse !

Crédit photographique : Tugan Sokhiev / DR

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Toulouse. Halle aux grains. Le 1-I-2008. Concert symphonique, œuvres de : Mickail-Ivanovitch Glinka ( 1804-1877) ; Gioachino Rossini ( 1792-1868) ; Johann Strauss fils ( 1825-1899) ; Piotr Illich Tchaïkovski ( 1840-1893) ; Alexandre Borodine ( 1833-1887) ; Ottorino Respighi (1879-1936) ; Jacques Offenbach ( 1819-1880). Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Direction : Tugan Sokhiev

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