Krivine : quand le chef est la musique

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Grenoble. MC2. 10-I-2008. Robert Schumann (1810-1856) : Ouverture, Scherzo et Finale pour orchestre op. 52 ; Konzertstück en fa majeur pour quatre cors et orchestre op. 86. Anton Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde » en mi mineur op. 95. David Guerrier, Antoine Dreyfuss, Emmanuel Padieu, Bernard Schirrer, cors. La Chambre Philharmonique, direction  : Emmanuel Krivine.

Le choix des œuvres est intéressant par son originalité : il allie deux œuvres de Schumann relativement peu connues à un « tube » de la musique classique. Mais s’il est toujours intéressant, au moins d’un point de vue historique, de découvrir ou redécouvrir des œuvres, surtout lorsqu’elles sont servies par des interprètes hors pair, c’est parfois pour constater que l’on ne perdait pas grand chose en ne les connaissant pas …

Le concert débute par l’Ouverture, Scherzo et Finale pour orchestre op. 52 de Schumann. Composée en 1841, juste après la Symphonie n°1, cette œuvre ressemble à une symphonie dont on aurait oublié le mouvement lent. L’écriture à la fois très fine et très énergique est remarquablement mise en valeur par , guidée par un chef époustouflant : . Il ne dirige pas, il vit la musique pour son orchestre, lui insuffle une énergie impressionnante, dansant, sautant, leur donnant des départs d’une façon parfois peu conventionnelle mais extrêmement convaincante. Et le résultat est là, l’œuvre vit et frémit, et le public avec lui … même si, avouons-le, l’écriture séduit moins que d’autres œuvres de Schumann.

Le Konzertsctück en fa majeur pour quatre cors et orchestre fut écrit quelques années plus tard. Comme la plupart des œuvres concertantes de cette période, son objectif premier est de mettre en valeur les quatre solistes en leur permettant de prouver leur virtuosité. Malheureusement, il semble que Schumann se soit arrêté à cet unique aspect. Lui qui a prouvé quelques années auparavant qu’il était capable de jouer magnifiquement avec les possibilités d’un dialogue soliste/orchestre dans le Concerto pour piano, signe ici une œuvre sans réel relief, sans réelle accroche musicale. Et même si l’on est forcément fasciné par la virtuosité et la beauté du son des quatre cornistes, on finit par se laisser bercer, oubliant même les interventions de l’orchestre. Certainement très agréable à jouer pour les solistes, elle ne les met finalement pas en valeur, car elle ennuie, tout simplement.

Arrive enfin l’œuvre qui a rempli la salle : la Symphonie du Nouveau Monde. Certes archi-connue, cette œuvre n’en est pas moins très belle, impressionnante, entraînante. Magnifiquement servie par un orchestre éclatant, par une interprétation qui allie mise en valeur de chaque petite phrase, précision, finesse, énergie, voire fougue, cette symphonie à elle seule achève de nous convaincre, s’il en était encore besoin, que et sont à la hauteur de leur réputation : fascinants.

Crédit photographique : DR

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