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Un peu de Scarlatti ne nuit jamais

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Domenico Scarlatti (1685-1757) : Te Deum Laudamus à huit voix et basse continue ; Salve Regina à deux voix et basse continue ; Sonates pour orgue K. 87 & K. 417 ; Stabat Mater à dix voix et basse continue ; Miserere à quatre voix. Ensemble Vox Luminis. 1 CD Ricercar RIC 258. Code barre : 5 400439 002586. Enregistré en l’église Saint-Apollinaire à Bolland du 2 au 5 juillet 2007 DDD. Notice : français, anglais, allemand. 64’01

 

Un peu de Scarlatti ne nuit jamais composa son Stabat Mater à dix voix vers 1715, alors qu’il était vice-maître de chapelle à la Capella Giulia du Vatican. Sa richesse polyphonique héritée de Palestrina (1525-1594), qui exerça également dans ce cadre prestigieux et dont le style symbolisait à lui seul le rayonnement de la ville éternelle, ne vient jamais épuiser la beauté de ses mélodies mais en magnifier les contours par la luminosité de son paysage harmonique dans une fresque de la plus grande sensualité. Une porte se referme sur le mystère d’un accomplissement tandis qu’une autre s’ouvre déjà, non moins glorieusement, sur de nouvelles mises en lumière du texte par Vivaldi (vers 1727) et Pergolesi (1736), incarnant une profonde et irréversible mutation dans l’esthétique de la musique sacrée au XVIIIe siècle.

Le déroulement sans contrastes appuyés de manière inopportune sublime le climat de paix et de calme ferveur qui se dégage à l’audition de cette œuvre empreinte de douceur arcadienne. La plénitude domine la passion dans une lecture attachée davantage au dessin d’une composition ordonnée selon les principes d’harmonie plutôt qu’aux variations de lumière synonymes de tension. Cet équilibre cerne avec d’autant plus de sérénité une inspiration mélodique incomparable de grâce, de fraîcheur et de nobles élans. L’Ensemble a cette forme d’humilité qui lui permet d’appréhender tous les détails d’une construction si subtile. L’intériorité de son interprétation découvre l’édifice traversé par une lumière se révélant à nous dans un mouvement confiant. Les œuvres accompagnant le Stabat Mater sur cet enregistrement incarnent par leurs différences de facture les contradictions dont se nourrit l’âge baroque.

Le Salve Regina pour soprano, alto et basse continue adopte le principe concertant ainsi qu’une écriture essentiellement mélodique annonçant les œuvres religieuses de Pergolesi. Les deux solistes, dans cette version, sont exemplaires de sobriété et de justesse. De caractère plus solennel, le Te Deum créé à Lisbonne en 1721 fait appel à un double chœur à huit voix. La sensation de puissance sereine est ici parfaitement rendue par L’ensemble . D’une autre ampleur, le Miserere à quatre voix que l’alternance entre passages polyphoniques et versets en plain-chant situe dans la descendance du Miserere d’Allegri révèle toute sa plénitude sonore et son intensité spirituelle grâce à l’alchimie obtenue par ce chœur ayant su trouver l’équilibre entre rigueur et ferveur. Quant aux deux sonates interprétées à l’orgue, leur gravité les oppose à la notion d’exercices à laquelle on a trop souvent restreint la majeure partie de ces œuvres. Le choix de ces sonates et de l’instrument est judicieux dans ce contexte sacré.

Cet enregistrement se distingue par une interprétation dont le goût, la maturité et l’absence de recherche d’effets feront les délices de l’amateur éclairé.

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Domenico Scarlatti (1685-1757) : Te Deum Laudamus à huit voix et basse continue ; Salve Regina à deux voix et basse continue ; Sonates pour orgue K. 87 & K. 417 ; Stabat Mater à dix voix et basse continue ; Miserere à quatre voix. Ensemble Vox Luminis. 1 CD Ricercar RIC 258. Code barre : 5 400439 002586. Enregistré en l’église Saint-Apollinaire à Bolland du 2 au 5 juillet 2007 DDD. Notice : français, anglais, allemand. 64’01

 
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