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Le romantisme selon Christian Zacharias

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 16-I-2008. Félix Mendelssohn (1809-1847) : Les Hébrides, ouverture en si mineur op. 26 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en fa mineur, op. 21 ; Valse op. 64, n°2 ; Félix Mendelssohn (1809-1847) : Symphonie n°3 en la mineur op. 53 « Ecossaise ». Christian Zacharias, piano et direction. Orchestre de Chambre de Lausanne.

C’est autour de 1830 que a construit le programme donné cette semaine avec son au Théâtre des Champs-Elysées. Une thématique romantique qui a réuni Mendelssohn et Chopin, après l’intégrale des concertos de Beethoven donné à Paris en janvier 2007.

Si l’ouverture Les Hébrides de Mendelssohn est directement inspirée de son voyage de 1829 en Ecosse, dans l’archipel éponyme, la musique reste très discrètement pittoresque et privilégie l’abstraction : l’état d’âme. Une fluidité étonnante se dégage d’une interprétation dans laquelle précision et interaction sont les clés de voûte. Et dans laquelle la présence à la musique de chaque soliste complète la vision du chef. Une vision dont l’amplitude s’élargit dans le concerto de Chopin que , comme à son habitude, dirige du clavier.

Mais dans Chopin, cela apparaît bien périlleux. Mozart, certes, mais Chopin, même s’il en revendique l’héritage, par la fantaisie et la virtuosité qu’il réclame à son soliste, ne semble pas très partageur. L’intégrale des concertos de Beethoven proposés dans une formule analogue avait été boudée par la critique parisienne mais ce soir, l’expérience est magique.

Le caractère intimiste de l’interprétation et l’orchestre réduit ont permis de décupler le charme. Les dialogues instaurés avec l’orchestre, surtout dans les passages rubato ou les quasi-cadences ont révélé l’excellente compréhension et l’entente mutuelle qui se sont instaurées entre le chef et son orchestre depuis maintenant 8 ans. Avec pour résultat, une cohésion sans faille. Le lyrisme réfléchi et l’absence de toute démonstration dans la virtuosité ont renouvelé le regard porté sur le compositeur. La liberté que s’octroie Christian Zacharias (comme dans la première phrase du Larghetto), confiant en ses musiciens, est purement époustouflante. Par une articulation perlée, un touché modelé, le pianiste a brodé une dentelle avec une imagination au carcan invisible, à la rigueur sous-entendue. La personnalité de l’orchestre lui a permis de s’épanouir, comme chef et comme soliste, pleinement.

Dans la symphonie « Ecossaise » de Mendelssohn, écrite elle aussi après le voyage de 1829, qualifiée de manifeste du romantisme, la taille réduite de l’orchestre n’a rien ôté à sa majesté. A particulièrement été frappant le choix des tempi et des atmosphères, d’une confondante justesse face aux annotations de la partition. L’investissement des musiciens dans l’accompagnement a habillé avec caractère les thèmes finement ciselés par des solistes d’exception (basson, cor, …) enfin, la précision individuelle, aussi bien que collective, ainsi que l’écoute mutuelle ont confirmé l’excellence de cet ensemble. Car, plus que des interprètes, Christian Zacharias les exhorte à être pleinement musiciens.

Le concert sera diffusé sur France Musique le 24 janvier à 20h.

Crédit photographique : Christian Zacharias © Nicole Chuard – Idd

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 16-I-2008. Félix Mendelssohn (1809-1847) : Les Hébrides, ouverture en si mineur op. 26 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en fa mineur, op. 21 ; Valse op. 64, n°2 ; Félix Mendelssohn (1809-1847) : Symphonie n°3 en la mineur op. 53 « Ecossaise ». Christian Zacharias, piano et direction. Orchestre de Chambre de Lausanne.

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