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L’art du violon à son sommet par Locatelli

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Toulouse. Auditorium Saint Pierre des Cuisines. 15-01-2008. Giuseppe Tartini (1692-1770) : Symphonie en ré N°45 ; Antonio Vivaldi (1678-1741) : concertos pour violon n°3 et n°9 de l’Estro Armonico ; Arcangelo Corelli (1653-1713) et Francesco Geminiani (1687-1762) ; Concerto grosso « La Follia » ; Pietro Locatelli ( 1695-1764) : « Il Pianto d’Ariana » Concerto pour violon op. 7 n°6 ; « L’Arte del violino » Concerto pour violon op. 3 n° 5. Orchestre de Chambre de Toulouse ; Direction et violon solo : Gilles Colliard.

Ce concert restera dans les mémoires pour longtemps. Comment rendre compte de la révélation qui eut lieu ?  est au mieux connu par quelques musicologues et quelques violonistes. Grâce à l’, ce soir dans une forme olympienne, il est devenu un compositeur incontournable. Son écriture pour le violon, un siècle avant Paganini, est ensorcelante, mais contrairement au musicien romantique qui recherchait avant tout l’effet, ici la virtuosité, la folie et la grâce se donnent la main. L’audace et l’originalité du Concerto « Il Pianto d’Ariana » rompt l’alternance des mouvements lents et vifs. Les pleurs d’Ariane admirablement rendus au violon s’insinuent inexorablement à tout moment. Comme si la tristesse ne pouvait laisser la joie s’installer. soutenu admirablement pas ses complices a fait pleurer son violon de larmes ensorcelantes. L’émotion palpable en a laissé plus d’un sans voix. Quand au Concerto de « l’Arte del Violino » tout est dans le titre : Locatelli semble connaître toute la technique du violon. Non, plus rien n’a été inventé ensuite. La rapidité des tempi, la souplesse des phrasés, la variété des couleurs, les audaces des sonorités, parfois au plus près du chevalet, tout est utilisé pour faire du violon l’égal d’un chanteur en ce qui concerne l’expression. Cette virtuosité pourtant surnaturelle est toujours musicale.

est un virtuose accompli, sa sûreté technique n’a d’égale que sa fine musicalité ; mais il serait injuste de ne parler que de lui car dans ces concertos la virtuosité est demandée à tous les autres instruments. Chacun a des moments de lumière. Tous les instrumentistes de l’Orchestre de Chambre de Toulouse ont été galvanisés et les moments de musique de chambre ont été d’une rare complicité. Lors des tutti, Pierre Bleuse a été un chef enthousiaste à la précision de jeux incroyable. Quelle équipe ! Quelle belle complicité ! Tous ont été merveilleux ! Car il est très rare d’avoir à la fois les sonorités si belles des cordes de boyaux avec une virtuosité si accomplie. Comme il est loin le temps où les instruments d’époques ne pouvaient rivaliser techniquement avec les instruments modernes !

Les autres concertos ont apporté également de très beaux moments. L’arrangement de la Follia de Corelli avec ses innombrables variations a été d’une sensualité prenante. Les concertos de Vivaldi plein d’énergie et de fougue ont également apporté une belle émotion dans les mouvements lents surtout dans celui du Concerto n° 9.

Voici un programme rassemblé avec art et joué à la perfection, qui permet la redécouverte d’une œuvre pour violon, émouvante et impressionnante que l’on souhaite retrouver bien plus souvent. Merci aux musiciens de l’Orchestre de Chambre de Toulouse, loin d’être un simple concept, leur « Baroque Contemporain » est tout simplement enthousiasmant.

Crédit photographique : Gilles Colliard © DR

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Toulouse. Auditorium Saint Pierre des Cuisines. 15-01-2008. Giuseppe Tartini (1692-1770) : Symphonie en ré N°45 ; Antonio Vivaldi (1678-1741) : concertos pour violon n°3 et n°9 de l’Estro Armonico ; Arcangelo Corelli (1653-1713) et Francesco Geminiani (1687-1762) ; Concerto grosso « La Follia » ; Pietro Locatelli ( 1695-1764) : « Il Pianto d’Ariana » Concerto pour violon op. 7 n°6 ; « L’Arte del violino » Concerto pour violon op. 3 n° 5. Orchestre de Chambre de Toulouse ; Direction et violon solo : Gilles Colliard.

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