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Fanny Clamagirand, elle a tout d’une grande

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Paris. Salle Gaveau. 31-I-2008. Franz Schubert (1797- 1828) : Fantaisie pour violon et piano en ut majeur D934 ; Claude Debussy (1862- 1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate pour violon et piano n°1 en fa mineur op. 80 ; Eugène Ysaÿe (1858- 1931) / Camille Saint Saëns (1835-1921) : Caprice d’après l’étude en forme de valse op. 52. Fanny Clamagirand, violon. Dana Ciocarlie, piano.

Il ne faut pas lui donner d’âge, sinon celui de la musique qu’elle interprète. , en récital ce jeudi avec à Paris, a gravé dans la mémoire de ceux qui ne la connaissaient pas encore, une image de grandeur et de maturité.

Si l’on s’attendait à un récital, on ne s’attendait pas à un récital chambriste où la virtuosité, trait que la jeune violoniste partage avec , est avant tout au service de la musique. Car la jeunesse, impatiente et téméraire, a toujours des choses à prouver. Seule la manière de les prouver fait toute la différence. a évité tous ces écueils, sans doute l’expérience aura-t-elle aussi parlé : ce n’est pas la première fois que la jeune femme joue dans une salle prestigieuse et ce soir, l’essentiel sera dans les détails.

Avec Schubert, tout d’abord, dans lequel les deux artistes s’accordent dans la délicatesse de l’interprétation et la plénitude sonore. Le travail des atmosphères se creuse ensuite avec la sonate de Debussy. Insufflés avec un infini doigté par le piano, couleurs et contrastes y naissent et disparaissent avec une fluidité naturelle. La violoniste y fait preuve, non seulement d’une grande réactivité mais d’une compréhension accrue de la liberté métrique de Debussy dans des passages presque ad libitum. Moments de grâce dans lesquels ces deux sensibilités que l’on dirait jumelles, explorent une idéale complicité.

Comme en crescendo, leur a succédé la sonate de Prokofiev où s’accentue l’exigence technique individuelle. Portée par la pianiste, pas un moment de doute n’a assailli la violoniste dont la sûreté du jeu n’en fut que plus éclatante. Enfin le Caprice, choisi comme pour satisfaire in fine aux lois de la virtuosité, a affirmé l’indiscutable maîtrise technique de la jeune violoniste. Avec la sagesse qui la caractérise, elle a concocté, patiemment, un programme intelligent, en toute sobriété.

Deux musiciennes que l’on espère retrouver dans une nouvelle collaboration très prochainement.

Lire les interviews de Dana Ciocarlie et de Fanny Clamagirand accordées à ResMusica.

Crédit photographique : Fanny Clamagirand © C. Leroy

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Paris. Salle Gaveau. 31-I-2008. Franz Schubert (1797- 1828) : Fantaisie pour violon et piano en ut majeur D934 ; Claude Debussy (1862- 1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate pour violon et piano n°1 en fa mineur op. 80 ; Eugène Ysaÿe (1858- 1931) / Camille Saint Saëns (1835-1921) : Caprice d’après l’étude en forme de valse op. 52. Fanny Clamagirand, violon. Dana Ciocarlie, piano.

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