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Vadim Repin et l’Orchestre de Paris, sous le signe du sensible

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Paris. Salle Pleyel. 6-II-2008. Carl Nielsen (1865- 1931) : Aladdin, musique de scène, extraits ; Jean Sibelius (1865- 1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 47 ; Eduard Tubin (1905-1982) : Symphonie n°5 en sol mineur. Jean Sibelius (1865- 1957) : Andante Festivo. Vadim Repin, violon. Orchestre de Paris, direction : Neeme Järvi.

Tel un écrin pour le concerto de interprété par , l’ a présenté ce mercredi un programme à dominante nordique dirigé par le chef estonien (père de Paavo Järvi successeur de Christoph Eschenbach à la tête de l’orchestre en 2010).

C’est avec Aladdin, une suite pour orchestre méconnue de Nielsen et dédiée à la célèbre pièce de théâtre éponyme d’Adam Gottlob Öhlenschläger (1770- 1850) que s’installe l’atmosphère septentrionale. Dans une partition festive et colorée, proche dans l’inspiration orientaliste de Rimski-Korsakov, l’orchestre investit pleinement la dimension charnelle de l’œuvre sans restriction, se laissant guider par la précision d’un chef spécialiste du répertoire.

Alors que, sollicité sur les plus grandes scènes, parcourt sans relâche la planète avec de très différents programmes (il a réservé Beethoven, enregistré tout récemment, pour Grenoble fin décembre 2007), c’est avec une émotion non dissimulée qu’il a donné à Paris le Concerto de Sibelius.

Dans cette antre propice à l’introspection et à la gravité, il a proposé une version lumineuse, non moins profonde. Comment ne pas rappeler que Vadim Repin est l’un des plus grands et des plus fins violonistes actuels. Sa technique exauce les idéaux les plus brillants et son imagination musicale, toujours généreuse, s’offre sans complaisance le luxe de la sobriété ou de l’exaltation. Le caractérisant d’une sonorité à la pâte large, distinguée et d’une expressivité raffinée et authentique.

L’engagement émotionnel dont il a fait preuve ce soir, anxieux de donner le meilleur de lui-même, aurait pu mettre en péril la technique, demeurée époustouflante et sans exhibition. Face à l’extrême difficulté de l’œuvre, un pareil exemple est rare à ce niveau d’exigence. Alors, si parfois de subtiles imperfections s’avéraient ne pas être polies comme des pièces de musée, cela n’a fait qu’accentuer la vie, la puissance créatrice et le sublime de l’expérience.

Intrépide, noble, lumineuse voici une interprétation qui reflète un musicien de classe.

Dans une courte deuxième partie, le chef s’est délecté d’une œuvre qu’il a dirigée du vivant du compositeur et imposée au disque. Contemporain de Prokofiev et Chostakovitch, a vécu en exil dès 1944, suite à l’occupation russe. Son esthétique, délibérément tonale et romantique, est marquée par cette réalité, même si le climat de cette œuvre qui ouvre sa période de maturité, n’a rien de pessimiste ni de vindicatif. S’y succèdent des moments d’une belle force dramatique et un lyrisme sincère qui dévoilent une construction à la clarté narrative. Si ce n’est somme toute pas un chef-d’œuvre, la symphonie ne manque pas d’attraits et l’ prouve, comme dans Nielsen ou dans le concerto, un dévouement exceptionnel et une cohésion sonore magnifiée par l’acoustique. La baguette ordonnatrice du chef a, semble-t-il, permit d’apprécier une œuvre dans toute sa splendeur.

Crédit photographique : Vadim Repin © Kasskara/ DGG

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Paris. Salle Pleyel. 6-II-2008. Carl Nielsen (1865- 1931) : Aladdin, musique de scène, extraits ; Jean Sibelius (1865- 1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 47 ; Eduard Tubin (1905-1982) : Symphonie n°5 en sol mineur. Jean Sibelius (1865- 1957) : Andante Festivo. Vadim Repin, violon. Orchestre de Paris, direction : Neeme Järvi.

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