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Damrau, Bravura

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Arie di bravura. Extraits de Die Zauberflöte, Lucio Silla et air de concert « Basta, vincesti » de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) ; de Cublai, gran Khan dei Tartari, L’Europa riconosciuta, Der Rauchfangkehrer, Semiramide et La finta scema de Antonio Salieri (1750-1825) ; de Il natal d’Apollo de Vincenzo Righini (1756-1812). Diana Damrau, soprano. Le Cercle de l’harmonie, direction : Jérémie Rhorer. 1 CD Virgin Réf. : 00946 395250 7. Code-barre : 0 94639 52502 7. Enregistré en l’église Notre-Dame du Liban à Paris, en décembre 2006. DDD. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 67’36’’.

 

a souvent chanté la Reine de la nuit comme carte de visite sur les plus grandes scènes du monde avant de décider d’abandonner le rôle récemment. Mais elle a également participé, sous la baguette de Ricardo Muti, à la réinauguration de la Scala dans l’œuvre de Salieri qui inaugura le théâtre milanais en 1778, L’Europa riconosciuta. Il était logique par conséquent de retrouver deux airs de cet opéra ainsi que les deux airs de la Reine de la nuit dans ce récital de présentation de la jeune soprano allemande. A notre connaissance n’avait enregistré jusqu’à présent que des récitals de lieder dont un superbe album pour Orfeo.

Le programme de ces « airs de bravoure » alterne les airs très virtuoses et les airs plus retenus, même si certains extraits mélangent les deux registres, comme le premier air de Righini ou le deuxième air de Cublai, gran Khan dei Tartari. Les amateurs de haute voltige seront séduits par les traits, sauts d’octave et autres pyrotechnies des airs de Semiramide et de L’Europa riconosciuta. A titre d’exemples on citera les guirlandes vocales jouant avec la flûte, le basson et le hautbois pour le premier titre, ou une montée de vocalises jusqu’au contre-fa dièse ou une cadence culminant sur un contre-sol piqué pour l’air d’Europa. Ceci pour le côté brillant. L’autre versant joue sur des atmosphères plus envoûtantes, le personnage exprimant ses doutes ou son désespoir. A ce titre, les deux airs de Righini constituent le point fort de ce programme : chromatisme des cordes (air d’Erifile) ou accompagnement réduit au strict minimum, mais ô combien suggestif de l’andante (air d’Alceo) en accord avec le texte : « Ombre plaintive et pâle… »

Diana Damrau, à l’instar d’une Bartoli, fait vivre son texte, secondée par un Cercle de l’harmonie incisif, voire tonitruant (Die Zauberflöte). D’aucuns trouveront le timbre de la voix froid et quelque peu avare de couleurs, mais le charme et le pouvoir d’attraction d’un timbre est par essence subjectif. Ces réserves ne devraient pas entacher l’intérêt pour ce récital sortant à plusieurs reprises des sentiers battus.

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