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Paris, Cité de la Musique. 11-II-2008. Magma : extraits de Köhntarkösz Anteria et hommage à John Coltrane. Avec : Christian Vander, batterie et chant ; Stella Vander, Isabelle Feuilledebois, Himiko Paganotti et Antoine Paganotti, voix ; James McGaw, guitare ; Philippe Bussonet, basse ; Emmanuel Borghi, claviers ; Benoît Alziary, vibraphone.

Enfin de retour sur scène après la sortie de leur dernier album Köhntarkösz Anteria en 2004. Le groupe protéiforme, qui a vu défiler près de 150 artistes auprès de son créateur Christian Vander en 38 ans d’existence, reprend ce soir une formation presque similaire à celle de l’album (seul manque Frédéric d’Œlsnitz au Fender Rhodes). Evidemment le kobaïen, langage imaginaire créé par Christian Vander, est de mise dans toutes les chansons.

N’oublions pas : a été fondé en 1969 pour créer « une nouvelle musique classique européenne ». Si le propos aujourd’hui paraît prétentieux, il s’inscrit dans une période musicalement troublée, celle où Stockhausen tourne le dos au sérialisme intégral, où les « gentils » Beatles intègrent l’électronique dans Sergent Pepper, où Jimi Hendrix déforme à la guitare électrique saturée l’hymne national américain, où apparaissent les Pink Floyd, Kraftwerk, la Messe pour le temps présent, Mothers of Invention, … pendant que le monde de l’opéra s’écroulait sous les gigantesques Soldaten de Bernd Alois Zimmermann, ouvrant la voix aux « anti-opéras » de Gyorgy Ligeti (Aventures et nouvelles aventures) et Mauricio Kagel (StaadtTheater).

Le monde musical de ce soir est à la croisée des chemins : les accords planants d’ouverture viennent directement de Breathe, le deuxième titre de Dark side of the moon des Pink Floyd, tandis que les quatre vocalistes rappellent à chaque instant l’influence prégnante du gospel. Virtuoses de leurs instruments, alternants de nombreux et longs chorus, chaque musicien tour à tour témoigne d’une créativité sans bornes dans laquelle se retrouvent plus d’une référence parmi tous les auteurs cités en début d’article. En quelques minutes tout est dit : le ban et l’arrière-ban de tous les mouvements musicaux du début des années 70 sont convoqués pour une grand-messe dans la nef de la Cité de la Musique. Un regret, et de taille : la sonorisation. Tout est de face, plaqué, sans relief, et asséné ainsi au public. En ce début de IIIe millénaire, une spatialisation des sources sonores aurait été bienvenue, surtout pour une musique de transe !

Cette sonorisation « brute » s’applique mieux à la seconde partie, consacrée en hommage à John Coltrane. Les chanteurs se font plus discrets, n’intervenant que sur quelques thèmes et à l’occasion de riffs. Les instrumentistes se déchaînent en improvisations de plus en plus virtuoses et délirantes, dans un accompagnement rythmique et harmonique bien plus « sage » quand dans la partie précédente. Magma, créé à la mort de Coltrane, a perdu aujourd’hui le coté déjanté voire anarchique du free jazz. Qu’importe, le groupe est de son vivant, entré dans l’Histoire.

Crédit photographique : Christian Vander © DR

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Paris, Cité de la Musique. 11-II-2008. Magma : extraits de Köhntarkösz Anteria et hommage à John Coltrane. Avec : Christian Vander, batterie et chant ; Stella Vander, Isabelle Feuilledebois, Himiko Paganotti et Antoine Paganotti, voix ; James McGaw, guitare ; Philippe Bussonet, basse ; Emmanuel Borghi, claviers ; Benoît Alziary, vibraphone.

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