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Philippe Gaubert (1879 – 1941) : Sonates pour flûte et piano ; Fantaisie. Patrick Gallois, flûte. Cecilia Löfstrand, piano. 1CD Saphir LVC 1071. Code-barre : 3760028690719. Enregistré au Conservatoire municipal de Carrières-sur-Seine du 5 au 7 mars 2007. Notice bilingue français-anglais. Durée 51’42’’.

 

Les noms de Paul Taffanel et sont indissociablement liés à l’étude de la flûte, un grand nombre de ces instrumentistes doivent une grande partie de leur apprentissage aux recueils signés de ces deux grands maîtres. Mais trop peu de flûtistes connaissent vraiment l’œuvre de , bien que cet acteur de la vie musicale du début du XXe siècle ait marqué de sa personnalité toute une époque. Nous devons donc saluer avec enthousiasme l’initiative de et Cécilia Löfstrand qui ont décidé, par la parution de l’enregistrement de quatre œuvres de , d’attirer l’attention sur ce compositeur trop injustement ignoré des mélomanes.

Paul Taffanel, un des fondateurs de l’école française de flûte et professeur au Conservatoire de Paris, remarque rapidement les dons de son élève Philippe Gaubert. Il dira même de lui que « c’est le meilleur flûtiste de son temps » lorsque celui-ci obtint son prix de flûte au Conservatoire. Cette récompense marque, pour le brillant élève, le début d’une carrière toute tracée : après avoir été flûte solo à la Société des Concerts du Conservatoire et à l’Opéra, puis professeur au Conservatoire, il a la chance d’assister à la naissance de l’industrie du disque. Et c’est en qualité de chef d’orchestre qu’il réalise les premières discographiques de Ravel et Debussy. Mais Philippe Taffanel, par ailleurs récompensé du prix de Rome en 1905, a une intense activité créatrice, et il signe presque une centaine d’opus, explorant tous les genres.

Les trois sonates pour flûte et piano, qui démarrent l’enregistrement, sont composées chacune de trois mouvements, d’une facture plutôt classique. L’équilibre entre la flûte et le piano est toujours respecté, cette musique est emplie de fluidité, les mélodies se déploient et s’enchaînent avec aisance et facilité. A l’évidence, le compositeur a délaissé une certaine expansivité qui pourrait être qualifiée de trop romantique, il ne cherche ni l’originalité, ni la fantaisie, ni encore moins l’éclat de la pure technique. , que l’on sait par ailleurs être un véritable virtuose de son instrument, arrive à donner le ton juste à ces sonates qui exigent beaucoup de musicalité de la part de leurs interprètes. Au prix d’un subtil travail sur le timbre et la sonorité, il donne libre cours à la plus large palette expressive dont il est capable. Avec un son ample et soutenu, un phrasé généreux très à l’aise dans tous les registres, il sait à la fois être poète et virtuose. De son coté, Cecilia Löfstrand, avec légèreté, apporte un accompagnement d’une constante fraîcheur, elle est toujours à l’écoute de la flûte, sachant adopter un jeu toujours nuancé, pour jouer sur toutes les subtilités harmoniques de ces compositions. Le disque se termine avec la Fantaisie, en deux parties, datant de 1912. Cette courte pièce est la première partition pour flûte et piano composée par Philippe Gaubert. A son écoute, on peut se demander si le compositeur n’a pas voulu marcher sur les traces de Fauré, qui avait composé en 1898 sa célèbre Fantaisie pour le Conservatoire. Toujours est-il que cette pièce, très colorée, impose des prouesses techniques, mais ce n’est sans doute pas un hasard si elle a été composée par un des maîtres de la flûte : celui-ci a un niveau d’exigence accru envers son instrument de prédilection car il en connaît toutes les possibilités. Et là réside bien entendu l’intérêt de cette pièce très vive.

Relativement homogènes, jamais ennuyantes bien au contraire, même si elles ne sont pas reconnues comme faisant partie des grandes œuvres du répertoire, ces compositions méritent largement de figurer dans les étagères des musiciens d’aujourd’hui. En faisant l’effort de nous donner à découvrir ce compositeur français trop méconnu, Patrick Gallois et Cecilia Löfstrand nous invitent à faire sortir nos oreilles des sentiers battus, à élargir notre champ d’écoute. C’est, en quelque sorte, un « travail de mémoire musicale », qu’il faut saluer et encourager.

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Philippe Gaubert (1879 – 1941) : Sonates pour flûte et piano ; Fantaisie. Patrick Gallois, flûte. Cecilia Löfstrand, piano. 1CD Saphir LVC 1071. Code-barre : 3760028690719. Enregistré au Conservatoire municipal de Carrières-sur-Seine du 5 au 7 mars 2007. Notice bilingue français-anglais. Durée 51’42’’.

 
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