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Le Requiem de Jean Gilles des origines

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Toulouse. Cathédrale Saint Etienne le 31-III-2008. Jean Gilles (1668-1705) : Motet cantate Jordanis incolae ; Requiem ; Anne Magouët, soprano ; Vincent Lièvre-Picard, haute-contre ; Bruno Boterf, taille ; Alain Buet, basse-taille ; Chœur de chambre les éléments ; Les Passions, Orchestre baroque de Montauban ; direction : Jean-Marc Andrieu.

de Montauban

Après une version européenne de ce superbe Requiem, les Toulousains ont eu le privilège de découvrir dans le lieu même de sa création, une version au fait des recherches musicologiques, les plus récentes. Jean Marc Andrieu qui dirige de Montauban depuis toujours a beaucoup travaillé les deux versions connues de ce requiem, a étudié avec soins les registres des églises de la région et nous propose la version la plus proche de celle qui fût donnée à Toulouse lors des funérailles de lui-même. Le seul changement réside dans la place dans la cathédrale. Le concert de ce soir s’est tenu dans la nef Raymondine bien plus apte à recevoir la vaste public réuni par la notoriété grandissante des Passions et des Eléments, réunis pour ce concert.

L’orchestre des Passions a ce soir une sonorité profonde et sombre en raison de l’emploi d’un basson et d’un serpent. Deux instruments qui soutiennent admirablement les basses et que l’acoustique très ingrate de St. Etienne a plutôt privilégié. Disons le d’emblée, et cela a été très douloureusement perçu dés les premières notes de la cantate, les violons et les flûtes sont noyés dans ce vaste espace réverbérant. Quand on sait la finesse d’interprétation au violon dont sont capables et Nirina Bougès, on mesure la déception d’une partie du public. Quand aux flûtes elles ont semblé trop souvent fâchées avec la justesse. Tout cela est bien dommage car l’admirable travail de phrasé et de variété des couleurs de l’orchestre ne peut être apprécié à sa juste valeur. Les chœurs, fort heureusement, ne pâtissent pas tant de l’acoustique. Ils sont superbes et qui dirige les Eléments n’a pu que se réjouir d’entendre son chœur répondre si vivement aux sollicitations de . Il en résulte une interprétation vivante avec un soin attentif porté aux ornements et dans un latin francisé avec goût. Les solistes ont parfois été en difficulté dans les solos. Placés derrière l’orchestre, dans le chœur, ils n’ont pas tous résistés de la même manière. Le grand perdant est le ténor. a une voix agréable et homogène mais n’a pas eu la puissance requise pour s’imposer dans ce vaste édifice. a une voix joliment timbrée et toute la souplesse requise pour sa partie. , dont les interventions n’ont pas manqué d’autorité, a le moins souffert de l’éloignement du public. Le timbre magnifique et très français de haute-contre de a conquis le public. Tous se sont fortement impliquées dans cette reconstitution du chef-d’œuvre de . Ils sont d’autant plus méritoires qu’ils ont également chanté toutes les parties chorales comme cela était l’usage au début du XVIIIe siècle.

En première partie de concert, le motet Jordanis incolae dans le grand style Versaillais n’a pas manqué d’ampleur. Mais la précision n’a pas été optimale. Peut-être en raison de la difficulté des artistes à s’accorder et à utiliser au mieux cette acoustique si incertaine de St. Etienne. Une fort belle version de ce Requiem, ici redevenu Toulousain et Provençal, qui méritera d’être dégustée dans des lieux plus cléments pour les oreilles. La version discographique qui sera enregistrée cet été avec la même distribution nous permettra d’entendre clairement toutes les subtilités qui n’ont été que suggérées ce soir.

Crédit photographique : A. Huc de Vaubert

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