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Iván Fischer et le Budapest Festival Orchestra, de la musique avant toute chose

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Paris. Salle Pleyel. 26-IV-2008. Richard Strauss (1864- 1949) : Till Eulenspiegel op. 28 ; Wiegenlied op. 41 n°1 ; Waldseligkeit op. 49 n°1 ; Ich wollt’ein Strausslein binden op. 68, n°2 ; Morgen ! op. 27 n°4 ; Gustav Mahler (1860 – 1911) : Symphonie n°4 en sol majeur. Miah Persson, soprano. Budapest Festival Orchestra, direction : Iván Fischer.

Près d’un an après son dernier passage salle Pleyel avec l’, revient avec cet ensemble qu’il dirige depuis presque un quart de siècle, dans son répertoire de prédilection pour s’y révéler magistral.

Avec Till l’espiègle de Strauss (1894- 1895) tout d’abord. Partition pleine de verve que l’orchestre rend avec un enthousiasme et une précision de tous les instants. Les parties solistes remarquables (vents) brillent par leur musicalité déliée et leur écoute. Leurs interventions homogènes et sensibles participent à la fluidité d’une version chatoyante dont l’énergie vitale est sublimée, à tous les niveaux.

Suivent quatre lieder de Strauss interprétés par la soprano suédoise , intenses, vibrants d’amour et de mysticisme. Sur des textes de poètes symbolistes, Strauss tisse ces quatre toiles d’où jaillit un désir de pureté et de tendresse. C’est un cadre de rêve qu’ bâtit ici pour le chant. L’accompagnement, magique, soutient et amplifie le rêve dans Wiegenlied, brosse avec délicatesse le sous bois de Waldseligkeit, et veille constamment mais sans toujours y réussir, à ne pas passer au dessus de la voix. joue sur les nuances et les effets (murmure, articulation, c) mais peut-être trop face à l’orchestre. Elle évolue avec aisance dans cet univers qui semble fait pour elle et confirme une dernière fois, en faisant rayonner un aigu translucide dans Morgen ! (le lied offert par Strauss en cadeau de mariage à sa femme), qu’elle en détient toute la finesse.

Mahler, au même titre que Bartók, fait partie du répertoire de chevet d’Iván Fischer et de l’orchestre. La Symphonie n°4, achevée en 1900, explore le thème de la vie après la mort avec la restauration, dans l’écriture, d’une architecture claire, traditionnelle, … un « retour au classicisme ». Ce qui frappe d’entrée dans l’interprétation est le rendu de cette clarté formelle par le ciselage de la structure, le travail des thèmes, la tenue rythmique (pupitre de contrebasse exemplaires), le jeu des contrastes et la précision des changements de tempi. Iván Fischer parlait des qualités de chambristes des musiciens hongrois et l’on retrouve ici cette complicité dans des proportions autrement intimes. La réactivité et la précision de l’orchestre permettent au chef de faire chanter tous les pupitres et de faire de la musique, à proprement parler. Dans le troisième mouvement, celui qui donne goût à une « gaîté venant d’une autre sphère » (propos du compositeur), s’installe une véritable communion sur laquelle le temps ne semble plus avoir prise. Un moment unique qui témoigne de la vocation de tout ensemble. Un concert d’une rare perfection qui rappelle que l’ était un temps fort de la programmation parisienne.

Crédit photographique : Iván Fischer © Budapest Festival Orchestra

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Paris. Salle Pleyel. 26-IV-2008. Richard Strauss (1864- 1949) : Till Eulenspiegel op. 28 ; Wiegenlied op. 41 n°1 ; Waldseligkeit op. 49 n°1 ; Ich wollt’ein Strausslein binden op. 68, n°2 ; Morgen ! op. 27 n°4 ; Gustav Mahler (1860 – 1911) : Symphonie n°4 en sol majeur. Miah Persson, soprano. Budapest Festival Orchestra, direction : Iván Fischer.

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