Intégrale prometteuse des concertos de Beethoven par François-Frédéric Guy

À emporter, CD, Musique symphonique

Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en ut majeur op. 15 ; Concerto pour piano et orchestre n°5 en mi bémol majeur op. 73, dit « l’Empereur ». François-Frédéric Guy, piano, Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Philippe Jordan. 1 CD Naïve V5084 ; code barre : 822186050842. Enregistré à l’auditorium Olivier Messiaen de la Maison de la Radio en juillet 2007. Durée : 65’

 

Les maisons de disques ont souvent les mêmes réflexes quant à l’association des œuvres qu’elles font cohabiter sur leurs petites galettes de 12 cm de polycarbonate. Ainsi, concernant les concertos pour piano de Beethoven, lorsque l’enregistrement d’une intégrale est en cours et qu’il s’agit de compléter le chef-d’œuvre absolu que constitue le cinquième d’entre eux – l’Empereur –, presque toujours depuis l’avènement du disque compact, nous avons droit dans le rôle du « bouche-trou » au Concerto n°1, jugé habituellement un peu faible par rapport à son petit frère mais qui convient en général très bien aux producteurs.

Cette œuvre, non pas le premier essai de Beethoven dans ce genre mais en fait le troisième, a été composé vers 1795 dans sa version première puis a été retouché en fonction d’expériences menées sur le terrain par le compositeur lui-même en sa qualité de concertiste. Elle est ordinairement jugée comme une sorte de clone des concertos de Mozart, avec tout ce que cela peut comporter de négatif dans cette comparaison (musique peu originale, manque d’inspiration, de souffle, etc. ). Il est vrai qu’habituellement l’écoute de ce concerto ne déchaîne pas vraiment l’enthousiasme et que la plupart des mélomanes, en écoutant le disque, passent directement à l’autre œuvre (les vilains).

Il se peut que les choses changent avec cet enregistrement. Pour la première fois, il semblerait qu’une équipe pianiste/orchestre/chef ait trouvé ce qu’il faut faire de ce fichu premier concerto. Avec eux, on ne s’y ennuie pas une seconde et, c’est un fait à souligner, on (re)trouve un très grand plaisir à l’écoute de cette œuvre. Le premier mouvement est dynamique et solennel à souhait (il est vrai que le tempo choisi ainsi que l’énergie orchestrale y sont pour beaucoup), le deuxième est chantant comme il le faut (une mention pour les vents) et le troisième est burlesque au sens premier du terme (si, si, Beethoven primesautier, ça existe !). Bravo donc à cette association de tout premier ordre : le pianiste est excellent tandis que l’ et son chef sont tout bonnement remarquables. Quant à l’Empereur, il ne perd ici aucune de ses qualités traditionnelles, bien au contraire. Ainsi, dans le mouvement lent, l’alliage tout en subtilité entre l’orchestre et le piano aura très rarement été aussi bien réalisé.

Vous ne savez pas non plus fredonner les thèmes du Concerto n°2 ? Attendons ensemble le disque suivant.

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