Grise Venise et chant flamboyant

La Scène, Opéra, Opéras

Venise. Teatro La Fenice. 25-VI-2008. Benjamin Britten (1913-1976) : Death in Venice, opéra en 2 actes sur un livret de Myfanwy Piper. Mise en scène, décors et costumes : Pier Luigi Pizzi ; lumières : Vincenzo Raponi ; chorégraphie  : Gheorghe Iancu. Avec : Marlin Miller, Gustav von Aschenbach ; Scott Hendricks, Le voyageur, Le vieux beau, Le vieux gondolier, Le gérant de l’hôtel, Le coiffeur de l’hôtel, Le chef des musiciens ambulants, La voix de Dionysos ; Razek-François Bitar, La voix d’Apollon ; Alessandro Riga, Tadzio ; Danilo Palmieri, Jaschiu. Coro del Teatro La Fenice, chef des chœurs : Alfonso Caiani ; Orchestra del Teatro La Fenice, direction : Bruno Bartoletti.

fenice_mort_venise_062008-300x435Death in Venice

Death in Venice revient aujourd’hui sur les lieux de sa création sur le continent européen (en 1973) et sur ceux de la création mondiale du Turn of the Screw vingt ans plus tôt. L’actuelle production de La Fenice, déjà présentée au Teatro de Gênes en 1999, est due au savoir-faire de . Sa mise en scène est illustrative, notamment grâce à de beaux décors oniriques dont les coloris utilisent principalement la gamme des gris. C’est une Venise presque irréelle, comme rêvée, qui forme le décor de la descente aux enfers de Gustav von Aschenbach, de sa chute du beau apollinien vers le dionysiaque. Il convient de saluer le brio avec lequel le metteur en scène donne à voir cet opéra inspiré de la nouvelle de Mann, respectant notamment la pudeur des rapports entre Aschenbach et Tadzio. Ainsi, dans le rêve de l’écrivain (II, 12), c’est Jaschiu et non Tadzio qui rejoint Aschenbach en rêve, soulignant que Britten avait choisi de ne jamais se faire rejoindre l’écrivain et l’adolescent. Souvent exécutés à rideau ouvert, les changements de décors sont virtuoses, tous plus beaux les uns que les autres, se métamorphosant les uns les autres. à la tête de l’ dispense une lecture éloquente du dernier opéra de Britten, avec notamment d’excellents pupitres de harpe et de percussions.

Succédant à , créateur du rôle et notamment en ces lieux, est bien distribué en Aschenbach, rôle dont il maîtrise la gestion sur toute la durée de l’opéra et auquel il rend justice grâce à un phrasé précis et des intonations justes. se taille de beaux succès dans les rôles de baryton du premier groupe qui entoure Aschenbach. Il est tour à tour un voyageur mystérieux et prophétique, un vieux beau outrancier, un gondolier-Charon, de mielleux hôtelier et coiffeur, etc. Il est surtout une voix de Dionysos impressionnante, face au raffinement de celle d’Apollon, chantée par le contre-ténor Razek-François Bitar. Le second groupe qui entoure l’écrivain, celui qui le pousse à l’autodestruction, est constitué des rôles dansés, bien en place et gracieux, en tête de qui Alessandro Riga est un frêle Tadzio et Danilo Palmieri son ami plus extraverti.

Crédit photographique : Michele Crosera

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