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Un festival de Requiems …

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Chaise-Dieu, Abbatiale. 23-VIII-2008. Jean Gilles (1668 – 1705) : Cantate Jordanis incolae ; Requiem. Anne Magouët, soprano. Vincent Lièvre-Picard, haute-contre. Bruno Boterf, ténor. Alain Buet, basse. Chœur de chambre Les Elements, direction : Joël Suhubiette. Orchestre Baroque Les Passions, direction : Jean-Marc Andrieu.

Festival de La Chaise-Dieu 2008

Pour sa quarante deuxième édition, le Festival de La Chaise-Dieu ne perd rien de son merveilleux en associant cette année encore les traditionnels ingrédients qui font sa qualité et son succès : cadre magnifique, interprètes prestigieux, programmation fascinante. L’une des originalités de cette édition ce sont les cinq Requiem proposés dans le cadre de la thématique «Lux Aeterna» (Mozart, Berlioz, Bruckner, Campra et Gilles).

Après l’éblouissante et énergique interprétation du Requiem de Campra de la veille par Frank-Emmanuel Comte et l’ensemble lyonnais «Le Concert de l’Hostel Dieu», a ranimé l’émotion dans la resplendissante Abbatiale de La Chaise-Dieu avec une majestueuse lecture du Requiem de Gilles.

A la tête de l’Orchestre Baroque «» et du Chœur de Chambre «», le chef a rendu un très bel hommage au génie toulousain, trop rarement entendu. Mort à seulement 36 ans, n’entendra son Requiem qu’à l’occasion de ses propres funérailles, un destin qui n’est pas sans évoquer celui de Mozart, un siècle plus tard… Mais la vision mozartienne de la mort, tragique et terrifiante, n’est pas celle de Gilles, tout autrement optimiste. Le curieux «Introït», dans un majeur solennel, agit comme une célébration de la mort précédant la lumière et la Résurrection. L’œuvre toute entière est auréolée d’un radieux de sérénité et même de complaisance face à une mort vécue comme un évènement naturel de délivrance et d’élévation. En première partie de concert, on a pu entendre une rareté : le motet Cantata Jordanis incolae du même Gilles, et un véritable chef-d’œuvre qui ne mérite aucunement l’oubli qui lui a été infligé.

Les excellents solistes, notamment le timbre cristallin du haute-contre et la voix claire et chaude de la basse ont répondu à la précision et la haute qualité du chœur, l’orchestre ayant quant à lui affiché une belle rondeur et une grande cohésion d’ensemble. L’acoustique exceptionnelle et la beauté majestueuse de l’Abbatiale ont participé comme à leur habitude à la magie d’une soirée musicale inoubliable.

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