Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Festival Présences 2008 / 09 : Pop et Folk

Plus de détails

Paris, Maison de la Radio – salle Olivier Messiaen. 10-X-2008. Malika Kishino (née en 1971) : Danse du zéphyr. Jan Erik Mikalsen (né en 1979) : Concerto pour ondes Martenot et sinfonietta (création mondiale). Jonny Greenwood (né en 1971) : Smear*, pour deux ondes Martenot et ensemble (création française). Luciano Berio (1925-2003) : Folk songs ; Beatles songs. Thomas Bloch & Christine Ott*, ondes Martenot ; Andrea Hill, mezzo-soprano. Oslo Sinfonietta, direction : Christian Eggen.

Réparti en cinq week-ends sur la saison 2008/09 (trois à Paris, un à Dijon et un à Metz) le Festival Présences «nouvelle mouture» continue à se chercher. Changement de mouture, changement de public aussi. L’affluence des années précédentes s’est tarie ce soir (et espérons le sincèrement : ce soir seulement). L’assistance est polie et bien élevée : les accueils délirants mélangés de huées réprobatrices ne sont plus. La création contemporaine ne déclencherait plus les passions ? Espérons que non. D’autant que ce premier week-end, par la programmation d’œuvres signées Frank Zappa, Led Zeppelin, ou The Beatles, s’annonce ouvertement rock et pop.

Mais nous sommes loin des musiques actuelles avec la Danse du zéphyr de , qui se rapprocherait par cette œuvre à l’Ecole spectrale. Cette partition, qui prévoit un ensemble instrumental spatialisé, alterne bruit et musique dans un tournoiement sonore autour du public. , en partant du bruit brut vers la note, utilise une recette vieille de quarante ans avec beaucoup d’efficacité et de métier. Le violoncelle solo, véritable co-chef d’orchestre, est le pivot central de cette Danse du zéphyr qu’il interprète avec un plaisir visible. Le concert commençait bien, jusqu’à ce que nous soit infligé le navrant Concerto pour ondes Martenot et sinfonietta de . La maîtrise de l’orchestration est solide chez ce jeune compositeur pas même trentenaire, mais c’est bien là sa seule qualité. L’excellence de l’Oslo Sinfonietta n’arrive pas à masquer la pauvreté de l’inspiration qui nous vaut une resucée stravinskienne, les ondes Martenot n’étant pas spécialement mises en valeur.

Avec , membre fondateur du groupe Radiohead, on s’attendait légitimement à trouver une œuvre plus dense, plus sauvage. Les deux ondes Martenot qui ouvrent Smear jouent avec la microtonalité, les cordes frottées écrasées avec l’archet saturent l’espace sonore… et c’est tout. Après cette brève introduction rauque (rock ?) s’ensuit une série d’accords parfaits plaqués ou arpégés par l’ensemble instrumental et les solistes. Là aussi les valeureux membres de l’Oslo Sinfonietta et les deux ondistes n’arrivent pas à cacher la vacuité de cette partition.

Berio, en tant que figure tutélaire, ne pouvait que terminer dignement cette soirée. La partie instrumentale des Folk songs est vaillamment défendue par et ses troupes. nous livre une lecture distanciée de ces chansons folkloriques stylisées, loin des visions méditerranéennes et expressives de Cathy Berberian, Jard van Nees, ou . Point de gouaille pour Rossignolet du bois, A la femminisca ou l’Azerbaidjan love song, point de folie pour Ballo, … Andréa Hill traite ces Folk songs comme un classique recueil de lieder, avec sa voix chaleureuse de mezzo-soprano à la technique sûre. Un point de vue peut-être contestable, mais qui a pour mérite d’éclairer cette partition symbole du XXe siècle sous une nouvelle lumière. La chanteuse garde la même distance pour les trois Beatles songs du même compositeur, ce qui ne fait qu’en accentuer le coté kitsch et décalé. Michelle est sertie d’harmonies ravéliennes, Ticket to ride est un aria da capo digne de Haendel avec trompette obligée et Yesterday revisité à la sauce Jean-Sébastien Bach. et son Beatles go baroque n’a rien inventé.

Crédit photographique : © DR

Plus de détails

Paris, Maison de la Radio – salle Olivier Messiaen. 10-X-2008. Malika Kishino (née en 1971) : Danse du zéphyr. Jan Erik Mikalsen (né en 1979) : Concerto pour ondes Martenot et sinfonietta (création mondiale). Jonny Greenwood (né en 1971) : Smear*, pour deux ondes Martenot et ensemble (création française). Luciano Berio (1925-2003) : Folk songs ; Beatles songs. Thomas Bloch & Christine Ott*, ondes Martenot ; Andrea Hill, mezzo-soprano. Oslo Sinfonietta, direction : Christian Eggen.

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.