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Pitié ! La Passion selon Alain Platel

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Paris, Théâtre de la Ville. 21-X-08. Alain Platel : pitié ! Concept et mise en scène : Alain Platel. Musique originale : Fabrizio Casso d’après La Passion selon saint Matthieu de J. S. Bach. Dramaturgie : Hildegard De Vuyst. Dramaturgie musicale : Kaat Dewindt. Scénographie : Peter De Blieck. Costumes : Claudine Grinwis Plaat Stultjes. Lumières : Carlo Bourguignon. Son : Caroline Wagner, Michel Andia. Dansé et créé par Elie Tasse, Emile Josse, Hyo Seung Ye, Juliana Neves, Lisi Estaras, Louis-Clément Da Costa, Mathieu Dessegine Ravel, Quan Bui Ngoc, Romeu Runa, Rosalba Torres Guerrero. Chanté par Claron Mc Fadden, Cristina Zavalloni, Serge Kadudji, Magic Malik. Musique interprétée par Aka Moon.

Depuis qu’il a commencé à accompagner ses chorégraphies de musique vivante, marque une prédilection pour le répertoire ancien ou baroque. C’est ici La Passion selon saint Matthieu de Bach qui sert de toile de fond à sa nouvelle création pitié !

Arrangée, réorchestrée par Fabrizio Cassol pour un orchestre de cordes, cuivres, percussions et accordéon, la partition est prétexte à la construction d’une série de tableaux vivants, plus ou moins inspirés de scènes révolutionnaires ou de tableaux célèbres. Sur scène règne un joyeux désordre, accentué par les costumes bigarrés et disparates portés par les danseurs et les musiciens, tandis que les trois chanteurs sont en noir. Cet éventail de corps en sous-vêtements de coton qui s’étreignent, s’empoignent et s’enlacent est fidèle au credo naturaliste d’, qui marque aujourd’hui une préférence pour l’unisson. C’est un unisson foutraque et déluré, avec force mimiques et grimaceries, où chacun danse en fonction de son propre style, offrant au regard une chorégraphie qui est tout sauf lisse et uniforme.

Dans ce spectacle qui dure deux heures, tout est dit, ou presque, au bout de 60 minutes : les corps à corps, les abandons, les murmures ou les coups de gueule. Comme dans le confessionnal d’une émission de télé-réalité, les danseurs viennent parfois cracher leurs doutes dans un trou sonorisé de la palissade sur laquelle sont juchés les musiciens. Ce chaos très organisé recèle parfois quelques surprises, véritables pépites. Comme lorsque le très jeune contre-ténor congolais, Serge Kakudji, se met à onduler furieusement, affirmant ses racines africaines vêtu d’un tee-shirt kitsch à l’effigie de Jésus. Ce sont d’ailleurs les chanteurs, très impliqués dans la mise en scène, qui imposent leur présence forte et sensuelle aux danseurs plus transparents dans cette version de la Passion. Les chanteurs étant le plus souvent qu’eux vecteurs d’émotion dans ce spectacle trop rempli, mais néanmoins un peu vide.

Crédit photographique © Jean-Pierre Maurin

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Paris, Théâtre de la Ville. 21-X-08. Alain Platel : pitié ! Concept et mise en scène : Alain Platel. Musique originale : Fabrizio Casso d’après La Passion selon saint Matthieu de J. S. Bach. Dramaturgie : Hildegard De Vuyst. Dramaturgie musicale : Kaat Dewindt. Scénographie : Peter De Blieck. Costumes : Claudine Grinwis Plaat Stultjes. Lumières : Carlo Bourguignon. Son : Caroline Wagner, Michel Andia. Dansé et créé par Elie Tasse, Emile Josse, Hyo Seung Ye, Juliana Neves, Lisi Estaras, Louis-Clément Da Costa, Mathieu Dessegine Ravel, Quan Bui Ngoc, Romeu Runa, Rosalba Torres Guerrero. Chanté par Claron Mc Fadden, Cristina Zavalloni, Serge Kadudji, Magic Malik. Musique interprétée par Aka Moon.

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