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Grenoble, MC2. 13-XI-2008. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes en sol majeur op.18 n°2. Béla Bartók (1881-1945) : Quatuor n°4 Sz91 BB95. Johannes Brahms (1833-1897) : Quintette pour clarinette et cordes en la majeur op.115. Martin Fröst, clarinette. Jerusalem Quartet : Alexander Pavlovsky, premier violon ; Sergei Bresler, second violon ; Amihai Grosz, alto ; Kyril Zlotnikov, violoncelle.

Il est parfois difficile de profiter pleinement de la musique offerte lors d’un concert, aussi belle soit-elle. Il arrive parfois que la répartition des rôles habituelle de la soirée soit modifiée et que le public ne soit plus simplement le spectateur admiratif des artistes mais leur complice compatissant face aux conditions défavorables. Le n’est en rien responsable de cet état de fait : leur prestation était parfaite en tout point. Non, ce ne sont pas les artistes qui viennent en premier à l’esprit lorsque l’on repense à cette soirée : c’est le public.

Le Quatuor à cordes en sol majeur op.18 n°2 de Beethoven a ainsi été entièrement ponctué par la quinte de toux –toux grasse, précisons – d’une malchanceuse personne du public, qui loin de songer à quitter la salle, s’est régulièrement soulagée en se mouchant bruyamment. Contagion oblige, les toux discrètes entre chaque mouvement ont été plus nombreuses, le public n’a finalement plus pu se retenir de réagir, suggérant au malheureux malade de sortir – entre deux mouvements, tout de même. Quant au Quatuor n°4 de Bartók, il a bénéficié dès les premières notes d’un accompagnement impromptu : sonnerie – plutôt jolie et discrète, fort heureusement – de téléphone portable. Si ce genre d’évènements malheureux peut arriver à tous, les artistes en étaient visiblement gênés et agacés, et l’attention du public difficile. Comment se laisser submerger par la musique de Beethoven lorsque le simple fait de l’entendre demande de la concentration ? Ces contrariétés – qui n’ont duré que la première partie du concert – n’ont cependant en rien gâché les immenses qualités musicales du .

Le concert débutait donc par le Quatuor op.18 n°2 de Beethoven. On est d’emblée fasciné par la rondeur du son et l’homogénéité du quatuor. Une chaleur et une complicité évidente qui vous enveloppent avec bonheur et dont souhaiterait ne pas sortir … mais qui peu à peu vous anesthésie : on ne peut s’empêcher de regretter l’absence d’éclats, d’écarts, d’un brin de folie ou d’énergie excessive. S’ensuit le Quatuor n°4 de Bartók : violent changement de style, qui demande un petit temps d’adaptation. On souhaitait des éclats, de l’énergie, de la fantaisie ? Les voici ! Le quatuor Jerusalem transporte le public par sa vivacité, sa précision, mais aussi sa subtilité.

Pour conclure ce concert sous le signe de la diversité, rejoint la formation pour un Quintette de Brahms poignant, vibrant. Et si, par hasard, on en doutait encore, ils nous prouvent leur complicité musicale et leur capacité à passer d’un style à l’autre avec un bis « tzigane » flamboyant.

Crédit photographique : DR

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Grenoble, MC2. 13-XI-2008. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes en sol majeur op.18 n°2. Béla Bartók (1881-1945) : Quatuor n°4 Sz91 BB95. Johannes Brahms (1833-1897) : Quintette pour clarinette et cordes en la majeur op.115. Martin Fröst, clarinette. Jerusalem Quartet : Alexander Pavlovsky, premier violon ; Sergei Bresler, second violon ; Amihai Grosz, alto ; Kyril Zlotnikov, violoncelle.

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