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Philidor et Mozart sous la direction énergique d’Hervé Niquet

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Paris. Salle Pleyel. 27-I-09. François André Danican Philidor (1726-1795) : Te Deum, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem K. 626. Sandrine Piau, soprano, Marina De Liso, mezzo-soprano, Xavier Mass, ténor, Joao Fernandes, basse. Chœur de la Radio Flamande (chef de chœur : Bo Holten), Le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet

Après Montpellier, Paris, avec ce programme double entre un « oublié » (Philidor) et le célèbre Requiem de Mozart.

Hervé Niquet a donné le ton dès l’Allegro liminaire du Te Deum : les onze volets se sont succédé avec entrain, sous une direction incisive et brillante. Ces lignes nous rappellent que Philidor, l’un des rares compositeurs à avoir concilié une carrière de musicien et une pratique professionnelle de joueur d’échecs, était d’abord un compositeur de théâtre et d’opéra-comique. On a particulièrement aimé le dialogue du ténor avec le chœur, sur fond de pizzicatos, avant la conclusion éclatante des trompettes du Venerandum tuum verum ; ainsi que la clarté et la fraîcheur de Sandrine Piau dans son Dignare, Domine. Hervé Niquet a insufflé une certaine pompe à cette célébration festive, concluant avec panache le Maestoso final.

Le Requiem de Mozart s’est déroulé avec des tempos vifs et tranchés. Ce parti pris de vitesse a donné un caractère particulier, presque fébrile, au Dies Irae. Les appels véhéments du chœur sont ressortis au-dessus d’un orchestre agité, avec un ton d’urgence. En dépit de la souplesse et de l’expressivité de la direction, la rapidité du Tuba mirum a gommé une partie de l’émotion. Le choix a été d’accentuer la fébrilité et le dramatisme de ces pages, mais n’était-ce pas un peu au détriment du lyrisme ? On a apprécié tout au long de la soirée l’engagement des interprètes, chanteurs comme orchestre, mais on aurait aimé prendre le temps de profiter davantage des solistes. Cette version n’en était pas moins intéressante pour l’éclat, la vaillance et la fougue qui animaient Mozart. Ce Requiem nous a laissé presque essoufflés : Hervé Niquet a traduit l’angoisse agitée de la mort comme peu ont su le faire.

Crédit photographique : Hervé Niquet © François Goupil

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Paris. Salle Pleyel. 27-I-09. François André Danican Philidor (1726-1795) : Te Deum, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem K. 626. Sandrine Piau, soprano, Marina De Liso, mezzo-soprano, Xavier Mass, ténor, Joao Fernandes, basse. Chœur de la Radio Flamande (chef de chœur : Bo Holten), Le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet

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