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Quel brillant orchestre !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Toulouse. Halle aux Grains. 31-I-09. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Ouverture festive, op. 96 ; Modeste Moussorgski (1839-1881) : Une nuit sur le mont Chauve  ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie N°9 en si mineur, du nouveau monde, op. 95. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Direction  : Michal Klausa.

Orchestre National du Capitole

Voici un programme fascinant qui a permis à l’orchestre de briller de son feu le plus intense. Michal Klausa qui a déjà collaboré avec l’orchestre a su obtenir de magnifiques sonorités des musiciens, tous très en forme.

L’ouverture festive de Chostakovitch est peut-être son seul éclat de rire musical, aussi est-il est réconfortant de l’entendre. Se jouant de tous les attendus festifs que se soit militaires ou populaires, l’orchestration est brillante et les effets parfois faciles, sont tous irrésistibles. Sonnerie de trompettes, percussions endiablées, bois rustiques, toute la Russie semble en fête. Nul ne saura jamais du 37e anniversaire de la révolution d’octobre ou du 1er anniversaire de la mort de Staline celui qui a mis ainsi en joie le compositeur le plus tragique de l’histoire.

Le poème symphonique de une nuit sur le mont chauve orchestré par son maître Rimski-Korsakov fait grande impression, l’inquiétude est délicieuse devant cette musique fantastique qui joue à faire peur. Michal Klausa sait mettre en évidence toutes les bizarreries de la partition. Mais c’est avec l’aube nouvelle après le sabbat que le chant de l’humaine tendresse touche au plus profond par la voix et le souffle infini de la Clarinette à la sonorité si douce de David Minetti.

En deuxième partie de concert, la pièce maîtresse très attendue était la Symphonie du nouveau monde. L’interprétation qu’en a proposée ce soir l’Orchestre National du Capitole sous la direction de Michal Klausa a remporté un vif succès. Il est vrai que tous les moments tant attendus ont été extrêmement bien joués. La perfection technique et l’émotion étaient de tous les instants et dans tous les pupitres. Ainsi l’entrée des cors majestueuse dans l’allegro molto a marqué les esprits. Bien évidemment le cor anglais a ému aux larmes dans le deuxième mouvement, le pupitre des bois clarinette, flûte et hautbois le développant ensuite avec une écoute mutuelle magnifique. La partie centrale de ce largo a eu le poids émotionnel exact. Ces mêmes bois ont été merveilleux dans le scherzo d’allure populaire bénéficiant du parfait soutien des contrepoints élastique des cordes. Enfin trompettes et cor ont magistralement fait caracoler le puissant thème du quatrième mouvement. Le public très enthousiaste a manifesté son contentement surtout lorsque les instrumentistes solistes ont salués un à un, la palme revenant au cor anglais si tendre et à la clarinette au souffle infini.

Toutefois, il reste une petite insatisfaction devant l’absence de construction d’ensemble des mouvements et surtout l’absence d’architecture complète de l’œuvre entière. Ce concert a été donné par Aïda, l’association des mécènes de l’, et a largement rempli sa mission en mettant en valeur les grandes qualités de tous les instrumentistes d’un superbe orchestre.

Crédit photographique : © Studio Pastre

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