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[Dijon] Auditorium, 11-II-2009. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Partita en mi majeur n° 3 BWV 1006 ; Sonate en ut majeur n° 3 BWV 1005 ; Partita en ré mineur n° 2, BWV 1004. Brice Pauset (né en 1965) : Kontrapartita II, prélude, loure, chaconne (2009). David Grimal, violon.

Voici dévoilée la troisième facette du violoniste , en résidence à l’Auditorium de Dijon : il a d’abord participé à un concert avec l’ensemble Les Dissonances, puis à un concert de sonates avec Georges Pludermacher, et il présente maintenant en deux soirées les sonates et partitas de Bach. L’effectif s’amenuise, mais la difficulté augmente même si l’enjeu reste identique : il s’agit d’emmener le public dans des «territoires difficiles d’accès» avec une énergie communicative. Ce soir la concentration doit être sans défaut et la maîtrise technique doit s’allier à une profonde connaissance de la pensée musicale baroque. Pour , le concert est le «résultat d’une expérience», c’est-à-dire d’un travail fondé sur une réflexion personnelle sur le style du musicien.

Le public qui se déplace pour entendre ces pièces qui sont comme des épures les connaît déjà : elles s’adressent à des initiés, comme L’Art de la Fugue, car dans les deux cas leur composition est une vraie gageure. Bach sait jouer avec le contrepoint, mais dans ces œuvres pour violon seul il sait écrire sans concessions à la facilité comme si cet instrument n’était pas que mélodique. On peut penser que c’est cette exigence qui fascine David Grimal et il va l’interpréter comme si on y trouvait toute la vie du monde.

La Partita en mi majeur s’ouvre sur un prélude trépidant, aux sonorités parfois rugueuses ; la loure est en revanche d’une légèreté de papillon, alors qu’avec la gigue on admire une vélocité sans faille : voilà bien l’esprit tout en contrastes de la partita. Cette œuvre est cernée par deux courtes pièces de , le prélude et une loure. Il semble que ce compositeur contemporain ait voulu retranscrire avec des sonorités actuelles l’esprit même de ces danses sans citer ni imiter le musicien de Leipzig : on est étonné par les sons susurrés et les rebondis sur les cordes de la loure, qui évoquent comme un archétype.

La Sonate en ut s’ouvre par un des plus beaux morceaux pour violon de Bach : cet adagio polyphonique, qui se déploie et se replie avec des élans d’une profonde spiritualité. La fugue monumentale débouche sur un superbe largo méditatif. La chaconne de reprend ensuite la même idée que celle de ses pièces précédentes ; on est frappé par la similitude entre les gestes violonistiques qu’il exige et ceux de la chaconne de Bach. Dans la Partita en ré mineur le violoniste ne ménage pas sa peine, effectuant toutes les reprises dans lesquelles il ajoute des variations, et il nous propose enfin une interprétation personnelle et vivante de la redoutable chaconne.

Avec l’intégrale des Partitas et Sonates, l’Auditorium de Dijon vient aussi de vivre deux «folles soirées».

Crédit photographique : © JP Atlan

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[Dijon] Auditorium, 11-II-2009. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Partita en mi majeur n° 3 BWV 1006 ; Sonate en ut majeur n° 3 BWV 1005 ; Partita en ré mineur n° 2, BWV 1004. Brice Pauset (né en 1965) : Kontrapartita II, prélude, loure, chaconne (2009). David Grimal, violon.

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