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Chiara Banchini a tout au long de sa carrière de violoniste, à la renommée internationale, privilégié la redécouverte d’œuvres oubliées ou maltraitées : de Tartini à Porpora ou Fiorenza, de Bononcini à Valentini, de Mozart à Vivaldi … Avec en partie l’Ensemble 415 qu’elle a créé en 1981, elle a permis au public de redécouvrir la splendeur inconnue de ce répertoire baroque. A certain(e)s de anciennes élèves de la Scola Cantorum de Bâle elle a appris à dépasser la simple virtuosité pour laisser vivre l’âme de la musique.

Notre dossier : Cordes et archet

 

ResMusica : Quels sont vos projets ?
CB : Ils sont nombreux pour les deux ans à venir : Avec L’, un CD Albinoni sort fin février 2009. Nous aurons plusieurs concerts dédiés à notre répertoire italien : Corelli, Geminiani, Albinoni, Vivaldi…en Italie, en Espagne, en Autriche. Nous rendrons aussi hommage à l’anniversaire de Haendel avec un programme de cantates et concertos et à celui de Haydn dans un programme de musique de chambre : les sept dernières paroles du Christ en croix version quatuor à cordes. Les sept adagios seront reliés par des compositions de Dominique Vellard pour un trio de chanteurs a cappella. En 2010, nous irons en tournée au Japon et aux Etats-Unis. J’ai aussi des engagements comme chef d’orchestre à Lisbonne avec «Divino Sospiro», ainsi qu’à Edinburgh avec L’EUBO (L’EUropean Baroque Orchestra) et je suis invitée en Colombie pour diriger un nouvel orchestre baroque de jeunes.

RM : Vous êtes en résidence au festival Musique et Mémoire. Pouvez-vous parler de cette collaboration ?
CB : Ma collaboration avec Fabrice Creux est enrichissante. Nous cherchons et discutons ensemble pour trouver des programmes qui conviennent à la programmation de son festival. Cette année, nous y jouerons des trios à cordes : Bach-Mozart, le programme Haydn-Vellard et le Stabat Mater de Boccherini. L’ réside en Franche-Comté. Je donne des cours d’interprétation de musique ancienne à des enseignants de musique de la région, cela en collaboration avec l’ADDIM (Association départementale pour le développement et l’initiative de la musique et de la danse). Cette année, on donnera un concert spectacle en collaboration avec Christine Deplats, spécialiste en chorégraphie baroque.

RM : Comment ressentez-vous les nouvelles générations que vous formez ?
CB : La Schola Cantorum de Bâle, où j’enseigne, a une très bonne réputation. J’ai la chance d’avoir une très belle classe de violon baroque. Il est difficile, pour les jeunes aujourd’hui, de trouver leur propre voie. Ils sont trop stimulés par les sorties de CD, par les publications de toutes sortes. Il était plus facile pour nous, tout était nouveau et nous ne devions pas nous démarquer par rapport à d’autres interprétations. Le niveau monte aussi constamment, il faut être très bon pour faire une carrière de soliste. Par contre, il y a plein de groupes et d’orchestres baroques et il est encore assez facile, pour un violoniste baroque, de trouver du travail.

RM : Le public vieillit avec les musiciens comme cela a été évoqué à Sablé, est-ce pour vous une réalité ?
CB : Oui, je le pense aussi et j’en suis bien attristée. Il y a bien sur des petits miracles, comme ce jeune homme qui est venu à l’issue d’un concert me voir et me dire qu’après un premier concert où il était venu tout seul, il était revenu aux suivants avec des amis. Il faut travailler au renouvellement du public.

RM : Pensez-vous que l’éducation musicale puisse être améliorée pour favoriser un nouveau public ?
CB : A Bâle, tout enfant a la possibilité de pratiquer un instrument à l’école ou au conservatoire. La vie musicale est aussi très intéressante, la Schola offre à ces étudiants un environnement extraordinaire : des bibliothèques, des concerts, des spectacles… Mais à l’adolescence les jeunes s’éloignent souvent de la musique classique et c’est peut-être à ce moment-là qu’il faut leur donner la possibilité et l’envie de continuer leurs études musicales. Souvent les concerts sont trop chers.
Je me souviens que, quand j’étais jeune étudiante au conservatoire de Genève nous avions accès à tous les concerts symphoniques avec un billet à 5 francs suisse, pour des places debout et nous profitions d’ailleurs très souvent des places restées vides. Je passais mes soirées à écouter des concerts, c’était un grand enseignement et un énorme plaisir. Maintenant, les jeunes ne vont plus au concert, et je sais que souvent ils ne peuvent pas se les payer. Il faut aussi donner plus de chance aux jeunes interprètes, souvent les «vedettes» sont très chères et les prix des billets le sont en conséquence.

RM : est-ce que vos élèves vous ont donné beaucoup de bonheur et si oui lesquels ?
CB : J’ai bien sur gardé une très belle amitié avec mes anciens (nes) élèves et je suis contente d’en voir beaucoup faire une belle carrière. Je continue d’ailleurs à jouer avec eux dans l’Ensemble 415. Parmi beaucoup, je peux citer : Amandine Beyer, Hélène Schmitt, David Plantier, Odile Edouard, Stéphanie Pfister …

RM : Donc la retraite n’est pas pour demain ?
CB : Bien sûr que j’y pense, mais l’année 2009 est bien remplie et 2010 aussi … Pour 2011 on verra !

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Chiara Banchini a tout au long de sa carrière de violoniste, à la renommée internationale, privilégié la redécouverte d’œuvres oubliées ou maltraitées : de Tartini à Porpora ou Fiorenza, de Bononcini à Valentini, de Mozart à Vivaldi … Avec en partie l’Ensemble 415 qu’elle a créé en 1981, elle a permis au public de redécouvrir la splendeur inconnue de ce répertoire baroque. A certain(e)s de anciennes élèves de la Scola Cantorum de Bâle elle a appris à dépasser la simple virtuosité pour laisser vivre l’âme de la musique.

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