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Janine Jansen, oser le sublime

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lille. Nouveau Siècle. 20-II-2009. Bruno Mantovani (né en 1974) : Finale ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840- 1893) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35 ; Dimitri Chostakovitch (1906- 1975) : Symphonie n°12 en ré mineur “Année 1917” op. 112. Janine Jansen, violon. Orchestre National de Lille, direction : Michiyoshi Inoue.

Ses concerts dans l’hexagone, aussi rares que remarquables, sont de l’ordre de la révélation. Année après année, , est passée de “star montante” du violon à bien plus… Après un programme contemporain à Paris en décembre, c’est auprès de l’ qu’elle revient en France avec le Concerto de Tchaïkovski, enregistré tout récemment.

Si, dès l’ouverture, le Finale de (compositeur en résidence) a conquis le public par son audace, son écriture brillante, exigeante (bois et cuivres évoluant en arabesque) et sa compréhension de la matière orchestrale, a porté le coup fatal.

Artiste complète dont la seule présence galvanise tout un orchestre, elle est de ceux qu’il est impératif d’entendre sur le vif. Car la scène devient un lieu de transcendance, d’abandon total à la musique : l’artiste est l’instrument et l’œuvre, un territoire défriché comme pour la première fois. D’une rigueur minutieuse à la partition, elle s’imprègne de la sève musicale telle une tragédienne pour la redonner avec une émotion à fleur de peau et une virtuosité farouche, fulgurante. Elle ose un son plein et onctueux, tantôt dense, tantôt évanescent. Elle ose l’émotion permanente, les contrastes abrupts et le dialogue. Elle ose surtout la spontanéité, source de pure magie. Le velouté de l’orchestre met en valeur son tempérament, la soutient avec constance, discret mais présent dans les moments culminants. Un Tchaïkovski, enfin, comme une surprise, une vibration juste qui s’empare de tous les sens.

L’attention ne retombe pas avec la Symphonie n°12 de Chostakovitch. Les forces latentes dans la première partie, explosent sous la baguette exubérante d’un chef spécialiste du répertoire. Il encourage l’initiative, incite à la cohésion et cela paye. Rarement l’orchestre aura été aussi bien mis en valeur : la chaleur et l’homogénéité des cordes, la qualité des solistes (vents, percussions, …), l’enthousiasme général. Une «Année 1917» exaltante, monumentale, où toutes les forces convergent pour transformer le rire grinçant de la désillusion en une ode sincère au mode majeur.

Crédit photographique : © DR

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