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Don Quichotte au Mariinsky, à la croisée des styles

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Saint-Pétersbourg. Théâtre Mariinsky. 17-III-2009. Ludwig Minkus (1826-1917) : Don Quichotte, ballet en trois actes d’après le roman de Miguel de Cervantes. Chorégraphie : Alexander Gorsky, d’après Marius Petipa. Décors : Alexander Golovin et Konstantin Korovin. Costumes : Konstantin Korovin. Avec : Viengsay Valdes, Kitri ; Leonid Sarafanov, Basil ; Konstantin Zverev, Espada ; Tatiana Tkachenko, la Reine des Dryades ; Valerya Martinyuk, Cupidon ; et le Corps de Ballet du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Pavel Bubelnikov.

Des équipes insolites sont formées lors du festival organisé par le Mariinsky, le théâtre mélangeant des artistes étrangers invités pour l’occasion et des danseurs locaux. Le couple exotique et assez improbable Valdes-Sarafanov ne captive pas particulièrement, tant de nombreux accrochages dans le partenariat semblent être le défaut de mise en comparaison de leurs chorégraphies habituelles. Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir précédemment apprécié l’un et l’autre (à Baden-Baden, et à Paris). Très certainement que le frêle Sarafanov n’est pas le meilleur porteur qui soit, et devant les difficultés dont se joue normalement Vingsay Valdès, les imperfections qui émaillent son travail sont probablement dues au manque de collaboration entre les deux artistes.

Un monde les sépare par ailleurs, et l’on se surprend à considérer Mlle Valdès comme plus respectueuse d’une certaine idée de la tradition, avec un respect accru de l’origine de danse de caractère de Don Quichotte, des positions de bras qui n’appartiennent qu’à elle, une inflexion de la tête qui exprime plus que tous les pas de danse, et cela, en plus des qualités techniques proprement hallucinantes qui semblent être des formalités pour acquérir la sympathie d’un public peu enclin à saluer une artiste peu vue sous les cieux pétersbourgeois. Elle domine par une modestie qui permet au personnage de s’épanouir sur la longueur, à l’encontre de l’impétuosité débridée d’une Osipova ; la composition du rôle s’effectue par une distillation d’effets humbles et recherchés, sans l’excès attribué aux phénomènes de cirque, plaisant mais fugace. , avec son visage d’angelot, a, quant à lui toujours cette effroyable assurance dans ses variations et la facétie indéfectible de son emploi.

Dans la Reine des Dryades, la nymphe Tkachenko a des réceptions de sauts très doux et inaudibles, ce qui rend ses glissades d’une grande pureté. Elle porte sa variation dans le limpide style attribué au Kirov, aux bras onctueux et au charme sylvien dans la quiétude d’une scène ensoleillée.

Cette version, plus complète que celle de Baden-Baden laisse voir une danse orientale et serpentine, faite uniquement de bras, par Yulia Smirnova, envoûtante et fluide et une danse gipsy endiablée et entraînante (Baimuradov, toujours). Le corps de ballet n’est pas toujours parfait, mais les enfants, très sollicités, fascinants de précision et de placement, ne font pas douter de la formation professionnalisante à l’École Vaganova. Un classique, dans le temple des ballets de Petipa, reliant la dérive actuelle de la danse en Russie et une approche transatlantique atypique, mais pas forcément moins dans le vrai.

Crédit photographique : Viengsay Valdes et L. Sarafanov ; © N. Razina, DR

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Saint-Pétersbourg. Théâtre Mariinsky. 17-III-2009. Ludwig Minkus (1826-1917) : Don Quichotte, ballet en trois actes d’après le roman de Miguel de Cervantes. Chorégraphie : Alexander Gorsky, d’après Marius Petipa. Décors : Alexander Golovin et Konstantin Korovin. Costumes : Konstantin Korovin. Avec : Viengsay Valdes, Kitri ; Leonid Sarafanov, Basil ; Konstantin Zverev, Espada ; Tatiana Tkachenko, la Reine des Dryades ; Valerya Martinyuk, Cupidon ; et le Corps de Ballet du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Pavel Bubelnikov.

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