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Le son du cor, le soir, au fond du bush…

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Rhapsodie ; fantasie ; poème. Jean-Michel Damase (né en 1928) : Concerto pour cor et orchestre (1)  ; Rhapsodie pour cor et orchestre (2) ; Charles Koechlin (1867-1950) : Poème pour cor et orchestre op. 70 (1) ; Paul Dukas (1865-1935) : Villanelle (1) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Morceau de concert pour cor et orchestre op. 94 (1) ; G. W. L. Marshall (1862-1915) : Phantasy, pour cor et orchestre (2). Ben Jacks, cor ; The Queensland Orchestra (1) et Orchestra Victoria (2), direction : Barry Tuckwell.

 

Il aura fallu la passion de deux grands cornistes australiens pour qu’un tel CD voie le jour : un programme presqu’exclusivement consacré à de la musique française pour cor et orchestre ! Outre le jeune soliste, Ben Jacks, le chef d’orchestre est également un maître reconnu de l’instrument. Les noms de Dukas, Kœchlin, Saint-Saëns et Damase recèlent-ils une connotation «exotique» pour nos amis australiens ? Ou ces derniers montrent-ils une plus grande curiosité que nous à explorer le répertoire ? Quelles qu’en soient les raisons, réjouissons-nous de cette parution assez atypique, qui met en valeur un pan méconnu de la musique française, et de fort belle manière !

Faute de références discographiques, il semble bon de s’arrêter sur les partitions qui nous sont proposées, d’autant que ce CD recèle quatre «premières» mondiales pour six ouvrages enregistrés ! Parfaitement tonale et inscrite dans le digne héritage de Poulenc, Ravel ou Jean Françaix, la musique de Damase sonne délicatement «rétro» ; le Concerto pour cor et orchestre, composé en 1995, en est un parfait exemple : une écriture orchestrale soignée (dont se délecte le chef , dédicataire de l’œuvre pour la partie de cor !), une grande agilité rythmique et un profond sens du lyrisme en sont les marques principales. Le troisième mouvement, Andante, regorge d’échos hollywoodiens et de mélodies échevelées : lorsqu’on sait que le facétieux est aussi un adepte du pastiche et des effets de miroirs, on sourit presque, en entendant Ben Jacks tirer de son instrument des sonorités veloutées, qui nous emportent dans l’univers de L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Même constat pour la Rhapsodie

La Villanelle et le Poème illustrent parfaitement l’art de l’orchestration de et Charles Kœchlin. Quant au Morceau de concert de Saint-Saëns… c’est… un morceau de concert : une espèce de meringue musicale, un peu lourde, parfum «Art pompier», qui n’est qu’un prétexte à valoriser le soliste : Ben Jacks y brille, alternant une virtuosité extrême à une belle musicalité. Un programme que complète une autre meringue, parfum «wallabee» cette fois, la très improbable Phantasy pour cor et orchestre d’un certain G. L. W. Marshall, compositeur né à Londres et qui fit, dans les années 1900, toute sa carrière à Melbourne.

Ce CD est un enregistrement épatant, où le charme «à la française» le dispute à un kitsch certain. La prise de son est somptueuse et les deux formations australiennes, l’ et , sont menées avec brio par Barry Tuckwell.

Pour l’anecdote, on ne manquera pas de détailler le visuel, illustration réussie d’un humour «british» et décalé !

 

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Rhapsodie ; fantasie ; poème. Jean-Michel Damase (né en 1928) : Concerto pour cor et orchestre (1)  ; Rhapsodie pour cor et orchestre (2) ; Charles Koechlin (1867-1950) : Poème pour cor et orchestre op. 70 (1) ; Paul Dukas (1865-1935) : Villanelle (1) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Morceau de concert pour cor et orchestre op. 94 (1) ; G. W. L. Marshall (1862-1915) : Phantasy, pour cor et orchestre (2). Ben Jacks, cor ; The Queensland Orchestra (1) et Orchestra Victoria (2), direction : Barry Tuckwell.

 
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