Nagano, grand brucknérien !

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur, « Romantique » (version originale de 1874). Bayerisches Staatsorchester, direction : Kent Nagano. 1 SACD Sony Classical. Référence et code barre : 88697368812. Enregistré en septembre 2007 à Munich. Notice de présentation bilingue (anglais et allemand). Durée : 75’28’’

 

Discuté dans le «répertoire» par des commentateurs qui le trouvent froid et distant, a pourtant des affinités avec le langage d’. Venant après une grandiose Symphonie n°6 et une excellente Symphonie n°3 pour Harmonia Mundi à la tête du DSO Berlin, le chef continue son exploration brucknérienne, cette fois avec l’Orchestre d’état de Bavière pour Sony.

Nagano défend ici la version originale de 1874 qui diffère largement de celle de 1881 et de l’ultime révision de 1878-1880 les plus fréquemment jouées et enregistrées. Composée, entre janvier et novembre 1874, année très difficile pour le compositeur, cette version demeura inconnue jusqu’en 1975 ! Des grosses dissemblances avec les moutures ultérieures, on pointe notamment un scherzo intégralement différent !

On constate un regain d’intérêt pour ces versions primitives des symphonies de Bruckner ; ainsi cette version 1874 de la Symphonie n°4 vient de connaître deux très récentes réalisations par Roger Norrington (Haenssler) et Simone Young (Œhms), curieuse idée qui force les brucknériens modernes à l’archéologie musicale pour se distinguer des grands maîtres anciens difficilement surpassables. Sur le fond, en dépit de l’intérêt musicologique, la version «officielle» de 1881 continuera de réunir tous les suffrages.

Cette version s’inscrit dans l’optique vaillante et mesurée des précédentes tentatives du chef américain. Les lignes instrumentales sont ciselées avec netteté, avec un beau sens de la progression. Pas de métaphysique façon Jochum ou de lenteur à la Celibidache, mais un Bruckner sain, allant et équilibré. L’Orchestre possède cette musique dans les gènes avec des dynamiques et des teintes parfaites.

Si on se limite à cette édition 1874, ce disque est une référence ; on mentionnera aussi l’essai primitif d’Inbal (Teldec) : il fut le premier à avoir offert une médiatisation à cette réalisation, avec l’Orchestre radio-symphonique de Francfort… sans oublier le récent disque de Simone Young avec la Philharmonie de Hambourg (Œhms).

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