Concours, La Scène

Une après-midi au concours Reine Élisabeth…

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Bruxelles, Grande Salle du Conservatoire Royal de Bruxelles. 15-V-2009. Demi-finalistes du concours Reine Élisabeth. Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, direction, Paul Goodwin

CMIREB 2009

La foule était pressante, ce vendredi après-midi, dans le grand hall du Conservatoire de Bruxelles, et malgré la grève générale et les quarante mille syndicalistes qui paralysaient la capitale, personne n’avait renoncé au violon. Dans la salle ou la petite salle, en «live» ou sur un petit écran, deux petits baffles, pour les retardataires, dont l’auteur de cet article, qui ne put que distinguer à peine la chinoise Zhang Jing dans le Concerto n°3 de Mozart. À peine, car dès le début du troisième mouvement, les dizaines de téléspectateurs se précipitent devant l’escalier pour espérer une place, dix minutes plus tard… Le concours est vécu bien intensément en Belgique… La ruée vers l’art, et jusqu’au paradis ; le public s’amoncelle pour , second candidat belge de la session… Sous l’archet du jeune homme, le Concerto en la majeur de Mozart prend la force du frémissement ; l’énergie délicate d’un son ample et subtil, souple et ferme à la fois. Un second mouvement tendu, le dernier plein de fougue. C’est dans les cadences de J. Joachim que prend la scène et la salle, entièrement, sous ses doigts, son esprit, qui semblent avoir beaucoup de choses à raconter…

Comme à chaque séance des demi-finales, deux récitals de quarante-cinq minutes succèdent aux concertos. L’orchestre s’échappe et laisse un piano sur la scène. La Coréenne Kim Suyœn joue magnifiquement. Elle commence par la Sonate n°2 de Johannes Brahms ; elle offre (et grâce à l’accompagnatrice bien à l’écoute) un véritable moment de concert en plein concours, et c’est réjouissant. De la musique, un son très beau, très fin, qui manque peut-être un peu (un tout petit peu) de densité pour la sonate, mais qui captive un public qui se détend, un jury qui dépose le crayon. Dans l’»injouable» Sonate en mi majeur d’, la coréenne dépasse la technique et cherche la musique, encore, avec une délicatesse perpétuelle, qui donne presque l’envie d’un peu d’âpreté. L’œuvre belge imposée V… de confirme un jeu décidément très raffiné. Raffiné, certes, et virtuose à souhait, lors de l’Introduction et rondo capriccioso op. 28 de .

L’Arménien termine l’après-midi en commençant par l’imposé de . Il montre d’emblée un son très différent de Kim Suyœn, moins aseptisé diront les supporters, plus physique, du corps et des organes, certainement. La diversité fait plaisir. Hélas, dès la Sonate n°3 de Brahms et puis dans la Sonate en mi majeur d’Ysaÿe, le violoniste arménien perd de la tension. Les climats changent, mais pas trop. Cherche plus loin, plus loin… Mais non… Le jeu s’alourdit, s’égalise et finit par se perdre un peu dans le fameux Tzigane de Maurice Ravel.

Douze finalistes sont appelés samedi soir à s’isoler une semaine à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth pour préparer l’œuvre inédite pour violon et orchestre, une œuvre qu’ils défendront (dans une semaine donc…), en plus d’une sonate et d’un grand concerto (avec l’Orchestre National de Belgique). Avant le Palais des Beaux-Arts et le bouquet médiatique, la gloire et les paillettes, des Master Classes animeront le Musée des instruments de musique, des Master Classes données par des membres du jury, pour compléter une organisation qui n’est pas qu’un concours, comme le montreront encore les concerts qui suivront la finale.

Crédit photographique : demi-finalistes CMIREB © L. Friob

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Bruxelles, Grande Salle du Conservatoire Royal de Bruxelles. 15-V-2009. Demi-finalistes du concours Reine Élisabeth. Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, direction, Paul Goodwin

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