Pâle Tosca

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Opéra-Bastille. 20-V-09. Giacomo Puccini (1858-1924) : Tosca, opéra en 3 actes sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Mise en scène : Werner Schrœter. Décors : Alberte Barsacq. Lumière : André Diot. Avec : Adina Nitescu Tosca ; Eleksandrs Antonenko, Mario Cavaradossi ; James Morris, Scarpia ; Wojtek Smilek, Cesare Angelotti ; Christian Jean, Spoletta ; Matteo Peirone, Il Sagrestano ; Yuri Kissin, Sciarrone ; Christian Tréguier, Un Carceriere ; Chœur de l’Opéra National de Paris (chef de chœur : Alessandro di Stefano), Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Stefan Solyom

Tosca

Première attendue (car annulée pour cause de grève lors de la saison précédente) et bien décevante, ce mercredi soir, sur la scène de l’opéra Bastille de la reprise de Tosca de Werner Schrœter. D’abord le choix de en Scarpia n’est pas des plus judicieux : il n’est ni «souriant», ni «féroce», ni «sadique» comme le souhaitait Puccini mais plutôt bedonnant et figé, rien qui ne fasse froid dans le dos. Un méchant bon élève, à l’instar de sa ligne vocale, dénuée de toute prise de risque et d’implication ; élément regrettable lorsqu’il s’agit d’un protagoniste au centre de l’intrigue. À ses côtés, la Tosca de Adina Nistescu peine à faire gagner en crédibilité l’action de deuxième acte et finit par adopter le statisme de son méchant partenaire. Sa voix est puissante, elle parvient parfois à saisir les traits du personnage sans jamais l’atteindre, son «Vissi d’Arte» est beau, juste, propre mais bien loin de toutes les émotions qu’il devrait faire naître. Eleksandres Antonenko, très solide en Cavaradossi, n’échappe pas aux reproches formulés à l’endroit de ses partenaires : nulle trace de fougue ou de rébellion dans son personnage, tout est bien fait, mais aucune progression dramatique ne se fait sentir, y compris dans le culminant»è lucevan le stelle». Seul le Spoletta de Christian Jean se fait remarquer dans cette distribution bien figée, mais au regard de la dimension de son rôle, il eût été préférable que cette qualité s’adresse à un autre personnage.

Enfin, l’orchestre de l’opéra placé pour cette production sous la direction de souffrait des mêmes défaillances appliquées à la musique : si les interventions des solistes étaient irréprochables, le choix des tempos judicieux, les transitions manquaient de souplesses, d’un rubato si propre au maître de Lucques.

Cette production passe à côté de l’opéra : l’action file, sans émotions, sans implications, toujours sur un fil sans jamais tomber du côté de la réussite.

Crédit photographique : Anita Nitescu © CAMI

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