Dynamisme au service de l’ultime œuvre de Rossini

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Saint-Denis, Basilique. 11-VI-2009. Gioacchino Rossini (1792-1868) : Stabat Mater. Nathalie Manfrino, soprano ; Laura Polverelli, mezzo-soprano ; Matthew Polenzani, ténor ; Simone Alberghini, basse, Chœur de Chambre de Prague (chef de chœur : Josef Pancik) ; Ensemble Orchestral de Paris, direction : Riccadro Frizza

Festival de Saint-Denis 2009

L’émotion suscitée par le magistral Requiem de Verdi dirigé par Riccardo Muti n’était pas encore retombée que le Festival de Saint-Denis nous offre une autre œuvre sacrée, le Stabat Mater de Rossini, dont l’interprétation, assurée par de jeunes musiciens, n’en est pas moins majestueuse.

Certains spécialistes considèrent cette œuvre ultime du compositeur comme un opéra en miniature caché sous un texte religieux, d’autres, comme un opus spirituel qui exigerait une relative sobriété dans son exécution. Quelle que soit l’option défendue, la prestation de ce soir semble avoir satisfait tout un chacun, le caractère spécifique de chaque morceau étant mise en relief avec une grande justesse : la bravoure vocale (Aria de ténor, n° 2, Aria de soprano et chœur n° 8) et le jeu de timbres (Quartetto, n° 6) qui rappellent plutôt un opéra, de même que le dialogue serein entre les différentes pupitres du chœur a cappella (Coro e Recitativo n° 5, Quartetto coro, n° 9) qui fait référence à une musique d’église plus traditionnelle.

De par leur particularité vocale, les quatre solistes se regroupent deux par deux, dans un prodigieux contraste : d’un côté, soprano et ténor lumineux et palpitants, et de l’autre, mezzo et basse plus dramatiques et poignants. A peine sortie d’un triomphe de Cyrano de Bergerac aux côtés de Plácido Domingo (Théâtre du Châtelet), la soprano française fait montre d’une grande pureté dans son interprétation, créant une très belle harmonie avec la voix brillante de , l’une des figures du Metropolitan Opera de New York. La Cavatina chantée par est exquise avec son timbre de velours. Pour le Coro e Recitativo, la basse Simone Alberghini, saisissant et émouvant, est placé dans le chœur, créant un très bel effet sonore. Le Chœur de Chambre de Prague, aussi excellent que les solistes et très naturel dans l’émission de la voix, répond à toutes les exigences de la partition.

Le jeune chef , qui se distingue dans le répertoire italien, notamment dans le bel canto (L’Italiana in Algieri, Tancredi, La fille du régiment, Matilde di Shabran, récital Juan Diego Florez, …), tire le meilleur de l’ et conduit tous les musiciens avec dynamisme, avec de subtiles nuances. Sa maîtrise de l’exécution atteste sa grande connaissance de l’œuvre qui l’a dirigée à maintes reprises.

Tout au long du concert, les échos résonnant longuement dans la nef nous entraînent dans un monde musical d’une grande solennité, comme pour rappeler que malgré le caractère éblouissant de certaines pièces, Rossini exprime dans son Stabat Mater la douleur de la Vierge Marie lors de la crucifixion du Fils.

Crédit photographique : © DR

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