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Quand l’art et la technique ne se comprennent pas !

La Scène, Opéra, Opéras

Nice. Palais Nikaia. 12-VI-2009. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Aïda, opéra en quatre actes, sur un livret d’Antonio Ghislanzoni. Mise en scène : Paul Émile Fourny. Décors et Costumes : Opéra de Nice. Lumières : Jacques Chatelet. Chorégraphie : Eleonora Gori. Avec : Michèle Capalbo, Aïda. Mzia Nioradze, Amnéris. Caroline Mutel, Grande prêtresse. Jorge de Leon, Radamès. Franck Ferrari, Amonasro. Jean Teitgen, Ramfis. Brian Jauhiainen, le roi. Hyoung-Geun You, le messager. Orchestre et Chœur de l’opéra de Nice (chef de chœur : Giulio Magnanini). Direction musicale : Marco Guidarini.

Aïda à Nikaïa

C’était l’événement musical le plus attendu de Nice, les spots publicitaires de l’aéroport, les bus aux couleurs d’Aïda, une grosse production quasi cinématographique et ce fut une déception qui fut au rendez-vous !

Pas une déception musicale car la qualité était là comme à chaque prestation de l’orchestre de Nice et de son chef . Les chanteurs tant solistes que choristes se sont tous distingués par la beauté et la grande maîtrise de leur prestation. Mais la technique a littéralement sabordé tout ce travail. Au demeurant était-il besoin de sonoriser ? L’ouverture sans micro ressortait bien, quoique confinée, les voix étaient obligées de se contenir et perdaient tout naturel alors même que les nuances étaient toutes gommées, lissées et affadies. Les réverbérations, échos, retours de sons ont littéralement massacré le travail des artistes ; travail qu’il devenait alors impossible d’apprécier. Que dire des trompettes métalliques quand on connaît la finesse habituelle de ce pupitre ? Au final que restait-il musicalement sinon les voix ?

Magnifique Michèle Capalbo qui défia la technique. Superbe Mzia Nioradze qui sut dominer les échos intempestifs. Il n’est que , pénalisé à l’extrême par son micro, qui pâlit bien involontairement. La mise en scène très statique par tableaux ne parvint pas à compenser les effets indélicats de la sonorisation. Visiblement mal à l’aise et patauds, les choristes, figurants et danseurs remplissaient maladroitement l’espace. Pas plus que les musiciens, les danseurs ne surent dépasser le handicap technique. Souvent à contre-temps, suivant l’orchestre ou son écho, ils n’ont pas bénéficié non plus d’une belle chorégraphie, finalement lourde et sans originalité. Enfin, il est plus que surprenant que pour un spectacle qui se voulait grand public, on ait omis le sur-titrage ! Bien sûr il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain et certains passages ont su ravir le public.

Mais quant à se prononcer sur la qualité musicale elle-même, il faut un véritable acte de foi dans le travail de . Notons tout de même la très belle complainte d’Aïda qui fit suite à une absolue cacophonie du « Guerra » ; la très grande finesse perceptible (c’est dire !) de l’ensemble chœur et orchestre sur le premier ballet. Une initiative manquée qui pourtant était prometteuse. Une des dernières apparitions de à l’avenir incertain à la tête d’un orchestre qu’il aura hissé bien haut. Si les bruits de coulisses se révèlent exacts il y a fort à craindre que cet envol éphémère se conclut par une chute vertigineuse, à l’image de cet Aïda sabordé par la technique. Quand la politique se mêle d’art…

Crédit photographique : ville de Nice

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