Korngold : « I never knew the old Vienna before the war… »

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Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Abschiedslieder op. 14 ; 3 lieder op. 18 ; 3 lieder op. 22 ; Unvergänglichkeit op. 27 ; Songs of the clown op. 29 ; 4 mélodies sur des poèmes de Shakespeare op. 31 ; 5 lieder op. 38 ; Sonnet pour Vienne op. 41. Sarah Connolly, mezzo-soprano ; William Dazeley, baryton ; Iain Burnside, piano. 1 CD Signum Classics SIGCD160. Code barre : 635212016022. Enregistré les 6 et 7 mai 2007 et les 26 et 27 mai 2008 à Potton Hall. Notice en anglais, textes chantés traduits en anglais. Durée : 74’26’’.

 

Comme l’explique la voix off au début du Troisième homme de Carol Reed (1949), le nazisme et la guerre ont irrémédiablement détruit la brillante vie intellectuelle et artistique qui avaient fait la renommée de Vienne. Le Sonnet pour Vienne, dernier lied de (1953), semble partager le même constat mélancolique, augmenté, sans doute, par l’échec du retour au pays pour cet ancien enfant prodige, qui était devenu le compositeur le plus célèbre des studios hollywoodiens (voir sa biographie et un documentaire).

Cette anthologie offre un bon aperçu de la production de Korngold pour voix et piano. Si l’on met à part Shakespeare et Eichendorff, les poèmes mis en musique ne sont pas d’une qualité remarquable : la plupart traitent assez naïvement le thème de l’amour, quand ils ne sont pas abscons, comme ceux de Hans Kaltneker pour l’opus 18, intéressant par sa recherche harmonique. Surtout, ils ne donnent pas l’opportunité d’approfondir l’expression des sentiments à un compositeur qui avait indubitablement les moyens d’approcher la complexité de Wolf et de Schumann. L’impression que, dans le domaine du lied, Korngold ne force pas son talent au delà d’un irrésistible don mélodique, s’installe à partir de l’opus 22 (1928) : l’accompagnement s’allège et la ligne évoque souvent la charmante désinvolture de Franz Lehár. Le cas est particulièrement flagrant dans le premier lied du cycle Unvergänglichkeit, qui couronne une ample phrase brahmsienne par une cadence on ne peut plus glamour. On ne sera pas étonné de voir ce style viennois perdurer pendant la période hollywoodienne et se fondre dans le genre américain de l’art song.

Le programme est porté par une exécution d’excellent niveau, et l’on regrette que le piano bien charpenté d’ sonne trop en retrait par rapport aux voix. manque de rayonnement, mais non de puissance ; le style est irréprochable. paraît plus assurée dans ses tessitures étendues et bien que sa prononciation soit un peu plus floue que celle de son collègue, elle dit mieux le texte et le fait vivre avec une immédiateté qui rappelle . Même si ces deux jeunes artistes n’offrent pas des timbres d’une beauté exceptionnelle, ils ne déméritent pas face aux talents plus confirmés qui ont enregistré ces œuvres : Angelika Kirschlager (Sony), Christiane Œlze (Capriccio), (Harmonia Mundi) et surtout (DG).

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